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 we fall and we too shall rise ∫ ft. Eolyan

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MessageSujet: we fall and we too shall rise ∫ ft. Eolyan   Mer 8 Mai - 17:14


« this is the way it ends »

Nous quittons la scène en silence. Les habitants du district six ne nous applaudissent pas, ne nous adressent pas un regard. Qui pourrait les blâmer ? Ils ont encore vu deux de leurs enfants mourir. Pire que cela, en fait : Jo a assassiné la fille du maire, alors qu’elles n’étaient plus que deux survivantes. En clair, ils auraient pu gagner. Ils auraient pu voir l’un de leurs tributs revenir. Mais nous ne leur en avions pas laissé la possibilité. Je regarde notre gagnante, qui marche lentement devant moi. Nous ne nous adressons plus vraiment la parole, à part pour échanger des banalités. C’est triste. Ça l’est encore plus quand on sait ce que nous ressentons l’un pour l’autre. Sans oser l’avouer, je suis heureux qu’elle ait sacrifié cette gamine du six, juste pour qu’elle s’en tire. C’est terriblement égoïste, et cela va à l’encontre de tous mes principes moraux. Jamais je ne pourrais me réjouir de la mort d’un enfant, même des « carrières » qui pullulent dans les districts les plus proches du Capitole. Mais retrouver Jo, la serrer une nouvelle fois dans mes bras, était un souhait que je nourrissais un peu plus chaque jour, pendant qu’elle était prisonnière de cette arène infernale. Elle se frotte la joue avec la main, preuve qu’elle vient de pleurer. Je ne devrais pas m’en préoccuper. Je ne suis pas censé avoir de geste tendre à son égard ; le Capitole se poserait des questions pour connaître la raison de cet attachement mentor/tribut. D’un autre côté, il m’est difficile de la voir souffrir sans savoir quoi faire. Je m’approche, mais l’une des personnes de mon équipe me retient par la manche de ma chemise. Je lui lance un regard noir qui l’oblige à me lâcher. Personne ne me dira ce que je peux faire ou non. Plus maintenant. Je glisse ma main sur l’épaule de Jo, qui se tourne vers moi l’espace d’un instant. Mais elle me regarde tellement différemment. Pas comme avant, avec amitié, amour, admiration. Plutôt avec méfiance. Je suis devenu un étranger à ses yeux, je le vois. Elle s’éloigne et me laisse là, comme un con. Mais que puis-je dire ? Je lui ai fait la même chose il y a un mois à peine.
On m’observe, c’est certain. Parce que notre brouille soudaine a fait couler pas mal d’encre, et qu’on se demande soudain pourquoi nous semblons nous détester, alors que nous étions si proches. Certains savent, bien sûr. Impossible d’ignorer les sentiments que Jo a à mon égard, depuis qu’elle s’est confiée lors des entretiens, avant les Jeux. Quant aux miens, ils sont restés secrets, mais il suffit de nous regarder pour comprendre. Et ça me fait mal de ne pas pouvoir assumer tout cela. De ne pas pouvoir être là pour elle. J’essaie d’être présent, de l’aider sans être trop proche d’elle, mais j’ai l’impression qu’elle n’accepte plus ma présence. Comme si je l’avais trahie, comme si elle préférait m’oublier. « On se retrouve à l’hôtel », lancé-je avant de m’éclipser dans un couloir adjacent.

Mes yeux sont un peu rouges, ma peau pâle. Je fais couler l’eau, la recueille dans le creux de mes mains et l’amène à mon visage. Enfin un peu de fraîcheur. Je commençais à étouffer. Je fais peur à voir, mais je sais que ce n’est qu’une passade. Une fois la tournée terminée, je ne serai plus obligé d’être aussi à cran, d’être tellement stressé que je peine à dormir le soir. Je pourrai retourner à ma vie d’ermite, dans le village des vainqueurs du district quatre. Plus besoin d’adresser mes condoléances aux familles des tributs décédés. Plus besoin de parcourir le pays pour feindre une fierté que je n’ai pas, pour revendiquer une victoire que n’avons pas vraiment méritée. Je glisse mes doigts mouillés dans mes cheveux bruns. Même si je ne suis pas d’accord avec le principe même de cette tournée, je ne peux pas avoir l’air d’un simple citoyen du district quatre. Malgré ma petite mine, mes traits tirés, je dois être à la hauteur de mon image de mentor. Pff, tu parles. Tout le monde s’en fout. Surtout ici. Ils n’avaient qu’une envie : nous voir décamper le plus vite possible. Je ne sais même pas comment le maire a fait pour rester aussi digne, aussi stoïque, alors qu’il devait forcément penser à sa fille disparue. Je soupire et me retourne, mais je ne suis plus seul. À quelques mètres de moi, il y a un visage que je ne pensais pas revoir, jusqu’à aujourd’hui. Je me suis fait la réflexion tout à l’heure, mais d’aussi près, c’est encore plus frappant. C’est son portrait craché. Des jumelles. Sans doute le lien le plus fort au monde. « Eolyan ? ». J’ai une bonne mémoire des prénoms. De ceux qui importent. Je m’efforce à apprendre ceux des familles des tributs tués. Elle me regarde, sans ciller. Je ne sais pas ce qu’elle me veut, mais je n’ai pas grand-chose à craindre. Pas parce que je ne pense pas qu’elle puisse m’attaquer, non ; plutôt parce que je n’ai pas peur, jamais. Ce n’est pas comme si ma vie valait très cher. « Je suis désolé pour ta sœur ». Il n’y a rien d’autre à dire dans de telles circonstances. Je ne peux pas m’imaginer ce que ça a pu être… Perdre sa moitié. Je détourne le regard à cet instant. Cette idée me met terriblement mal à l’aise. Moi qui, il y a quelques minutes, ne ressentais aucune culpabilité. Tout simplement parce que sa sœur était morte, mais que c’était nécessaire pour que Jo s’en sorte. À cet instant, je ne pense plus de la même manière. Au-delà de la simple honte, je ressens de la gêne. J’ai peur qu’elle sache, comme beaucoup d’autres personnes, que ce que Jo et moi ressentons n’a rien de platonique. Et qu’elle juge sa victoire sur cette base-là. J’hésite alors à lui préciser qu’elle n’a jamais été avantagée, mais ça ne ferait que me trahir. À la place, j’attends qu’elle brise le silence. Qu’elle me dise pourquoi elle est là. Ça m’évitera de dire quelque chose que je pourrais regretter.
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MessageSujet: Re: we fall and we too shall rise ∫ ft. Eolyan   Mer 8 Mai - 19:15

La tournée de vainqueurs. Quelle connerie. Debout devant le miroir de ma chambre, je ferme les yeux pour retenir mes larmes, en vain. Ces saletés de gouttes salées franchissent quand même la barrière de mes cils et de mes paupières fermées. Je les sens couler sur mes joues pour finir leur course dans le creux de mon cou. Renonçant, j'ouvre les yeux. Je suis pâle, plus pâle que jamais. Pourtant, il faut que nous nous fassions présentables Julian et moi. Ordre de papa. Un rictus malsain se dessine sur mon visage; un ordre et pas n'importe lequel: celui de se faire "présentable" pour acceuillir celle qui a tué Ile'. Quel crétin ! « Eolyan ! Dépêche toi un peu ! Nous devons y aller, ils vont arriver ! » Mon père. Je serre les poings ainsi que les dents. Je hurle, hurle intérieurement. Je ne veux pas y aller, je n'ai aucune envie de la voir; elle cette sale meurtrière. « Je ne veux pas y aller ! Merde ! Tu peux pas comprendre ça ?! Elle a tué Ile' ! ». J'entends des pas, il monte les escaliers d'un pas lourd et vif. En moins de deux secondes, il est dans la chambre. D'un regard dur, il me fixe sans ciller « Oh si tu vas y aller Eolyan. Tu dois faire honneur à notre famille ainsi que ton frère. Ne me déçois pas comme à ton habitude ! Maintenant, je te laisse cinq minutes pour te préparer. » Il sort en claquant la porte. De rage, je hurle mais réellement cette fois. Je le déteste ! Putain comment peut-il rester si hautain, si fier et si insensible ? Ile' a été assassinée, et maman s'est suicidée en apprenant la nouvelle. Et ? Rien. Pas une larme, pas un geste de compassion, ni même un regard. Il est froid, dur, tout comme Julian maintenant.

Repoussant mes cheveux, j'essuie mes restes de larmes et commence la transformation. Il ne veut que les gens sachent, que les gens voient à quel point on est atteint Julian et moi. Il ne veut pas de cernes, pas de larmes, pas de tristesse. Rien de tout cela n'est toléré. Je me maquille légèrement, et enfile la robe que portait Ileana lors de la Moisson. La Moisson... Y repenser me fait mal. J'aurai pu aller dans l'arène à sa place si elle ne s'était pas manifestée au dernier moment. Je dissimule ensuite le poignard que je porte toujours sur moi depuis la mort d'Ileana et je jette ensuite un oeil à mon reflet: celui-ci me renvoie l'image de la Eolyan normale. Plus de trace de fatigue, ni de larmes, plus de cernes. Bien, papa sera fier. Avant de sortir de la pièce, je jette un dernier regard derrière moi, vers de lit de ma jumelle désormais vide et l'édredon gonflé me rappelle que désormais je suis seule.

Ils arrivent sur la scène. Devant nous. Devant moi. Entourés de pacificateurs pour leur sécurité et il vaut mieux pour elle. Etant de la famille du maire, Julian et moi avons l'immense privilège et honneur de recevoir la grande gagnante et son mentor devant nous. A une distance respectable ceci dit. Heureusement pour elle. Mes yeux ne la quittent pas, je fais exprès de la fixer avec insistance, une lueur meurtrière dans le regard tandis qu'elle déballe de pathétiques condoléances. Je sais que ça la gène, qu'elle se sent faible et mal à l'aise quand elle croise mon regard car elle revoit son regard quand elle croise le mien; celui de la fille qu'elle a tué. Celui d'Ileana. Mes yeux clairs quittent un instant le visage de la meurtrière, lui offrant une seconde de répit, et se dirigent vers son mentor Kaidan. Je le dévisage sans aucune gêne, je ne cherche pas à m'en cacher, loin de là. Après ce qu'elle a fait, ce serait plutôt à elle de se mettre dans un trou de souris, même si elle n'a pas le choix et qu'elle est obligée d'être ici. Le visage du mentor du district quatre fait peine à voir lui aussi; pâle, les yeux légèrement rougis et les traits fatigués.Il ne quitte pas Lamont des yeux. Un rictus discret apparait sur mon visage; qui cherche t'il à tromper de cette manière ? Le capitole ? S'ils ne voient rien, c'est qu'ils sont vraiment aveugles là-bas. ça crève les yeux. Il l'aime. Plus que tout. Il sacrifierait sa vie pour elle. Rien qu'en sondant son regard, l'expression de ses yeux, en observant ses gestes avec précision, on peut voir qu'elle est sa vie. Et elle, même si elle demeure froide et distante avec lui. Impassible. Je sais qu'elle ressent la même chose que lui. Elle l'avait révélé dans l'interview, indirectement et implicitement bien sûr, mais cela ne n'avait pas échappé. J'avais toujours été très observatrice. En réponse à ses condoléances, mon père ne trouve rien de mieux à faire que de la remercier avec un sourire pour ce " petit mot gentil " et lui tend un bouquet de fleurs.

A ce moment, je sens la rage monter en moi. Monter. Monter. Ma fureur n'est même plus dirigée entièrement vers elle. Il a réussi à me faire sortir de mes gongs et il sait en plus à quel point il est difficile pour moi de contrôler mes émotions, en particulier quand il s'agit de la colère et de la haine. Il a souri. Ce con lui a adressé un sourire et des remerciements et lui a donné un bouquet de fleurs. Je rêve. J 'hallucine littéralement. Même Ileana n'en avait jamais reçu de sa part alors qu'elle était la seule qu'il aimait. Je pâli je le sens. Toute couleur quitte mes joues tandis que mes poings se crispent sur ma robe. Mon souffle s'accélère et je rejette la tête en arrière pour tenter de rester à peu près calme. Je souffle. C'est dur mais je dois rester digne; je ne peux pas partir. Pour ma soeur; elle aurait voulu que je reste là, à affronter le regard de sa meurtrière. Finalement, les échanges ne s'éternisent pas et au bout une demie-heure, Lamont descend de la scène en compagnie de son mentor. Mon père et Julian sont déjà repartis mais moi, je reste là. De loin, je les observe. Kaidan Hunter pose la main sur l'épaule de sa gagnante, puis il part dans la direction opposée. Je fronce les sourcils. Si je veux agir c'est maintenant. Elle doit payer, je ne peux pas la laisser filer. C'est peut-être la dernière fois que je la vois. Je glisse la main dans la poche de ma robe et mes doigts se referment naturellement sur le manche de celui-ci. Discrètement je m'approche et m'arrête à quelques mètres, la déception peinte sur mon visage. Lamont est entourée de pacificateurs. Il y en a six. J'attrappe mes cheveux et me mords la lèvre inférieure de frustration. Merde ! Rebroussant chemin lentement, je réfléchis en quatrième vitesse à comment la faire payer. En quelques secondes, des milliers de scènes défilent dans ma tête mais aucune n'est réalisable. Tandis que je m'éloigne, je perçois un bruit d'eau qui me fait sortir de mes pensées morbides. Lentement je me dirige vers la source du bruit et m'immobilise en découvrant celui à l'origine de celui-ci. A quelques mètres de moi se tient Kaidan. La surprise m'empêche de dire un mot lorsqu'il se retourne vers moi. « Eolyan ? » Je ne l'entends qu'à moitié et continue de le regarder sans ciller. Une idée vient de me transperçer l'esprit. Une idée diabolique, à la hauteur de ma vengeance. « Je suis désolé pour ta sœur ». Il détourne le regard, fuyant le mien et celui d'Ile' par la même occasion. Je m'approche de lui, lentement. Parfait. Mon plan est parfait. Je retiens un sourire et reste impassible. Elle souffrira, oh oui. Elle comprendra enfin ce que ça fait de perdre la personne à qui on tient le plus sur terre. « Kaidan... » Je m'efforce de garder un ton neutre. Rien ne peut me trahir. Je ne suis pas très grande, pas imposante, je parais faible. C'est juste parfait. Seul mon ton pourrait me trahir, c'est pourquoi je mets toute mon énergie à le contrôler. « Alors, ça fait quoi de venir ici avec ta protégée ? » Je laisse planer le doute sur le sens de ma phrase. Je vais monter petit à petit. « Et elle, la pauvre chérie, ça lui fait quoi d'être ici, au milieu du district de la fille qu'elle a assassiné ? » Je continue à avancer. Je n'ai rien contre Kaidan, je ne le connais pas mais si je devais émettre une opinion je dirais qu'il a l'air de quelqu'un de bien, de quelqu'un de sûr. Malheureusement pour lui, Jo-Beth Lamont l'aime. « ça lui a fait quoi à ta chérie d'être face à la jumelle de celle qu'elle a tué ?! » Sur ces mots, je ne lui laisse pas le temps d'intégrer ce que je viens de dire et lui bondi dessus avec une telle force, un tel élan qu'il tombe à la renverse, moi sur lui. C'était le but. Ni une, ni deux, je sors le poignard de la poche de ma robe et le met sur sa gorge pour éviter qu'il ne bouge et ne m'envoie balader sur le mur. ça fonctionne. A califourchon sur lui, je le fixe dans les yeux et les miens se remplissent de larmes. Je n'ai rien contre cet homme. C'est à elle que j'en veux. Je veux qu'elle souffre autant que j'ai souffert, que je souffre d'avoir perdu ma moitié. Merde ça y est, les larmes coulent et tombent sur le visage de l'homme que je tiens à ma merci. Il faut que j'agisse vite.
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MessageSujet: Re: we fall and we too shall rise ∫ ft. Eolyan   Jeu 9 Mai - 10:06

Pas de frère, pas de sœur. Pas de famille véritablement soudée. Autant dire que je n’ai pas vraiment connu le malheur de perdre quelqu’un. Je ne vois plus mes parents, et ça ne me manque pas vraiment. Je suis bien, seul. J’ai toujours été bien. De toute façon, on nait seul, et on meurt seul. Alors, à quoi bon s’accrocher à des gens, si c’est pour les perdre ? Il y a bien eu Lara, mais je ne l’ai pas connue assez longtemps pour parler d’amour. Je me souviens de la première fois que je l’ai côtoyée. Elle s’entraînait à quelques mètres de moi, une dague à la main. Un poignard semblable à celui d’Eolyan. Je m’étais approché, alors qu’elle donnait quelques coups en direction de mannequins en bois. « Salut », avais-je dit avec un sourire. Elle s’était retournée, surprise que quelqu’un l’aborde. Les tributs se détestaient entre eux, normalement, et c’était compréhensible. Nous devions nous affronter dans un combat à mort. Un seul pouvait gagner. Il ne fallait donc pas se faire de cadeau. Mais j’avais toujours été dragueur, et elle était vraiment jolie. Différente des autres filles. Ses grands yeux bleus me scrutèrent un instant, puis elle finit par sourire à son tour. « Kaidan, c’est ça ? ». J’étais étonné qu’elle se souvienne de mon nom. Nous n’avions pas vraiment été présentés ; nous avions juste commencé à nous entraîner dans cette salle immensément grande, où il était possible de s’ignorer royalement si nous le souhaitions. J’hochai la tête. « Tu es douée avec ces trucs ? ». Elle se mit à rire, et lança la dague en direction d’une cible. Elle se planta à l’endroit même où était censé se trouver le cœur. Je sifflai, impressionné par sa performance. « Et toi, c’est quoi ton domaine ? ». Je m’adossai au mur. « Je ne suis pas censé te le dire, mais je me débrouille pas mal en corps à corps ». Elle posa son regard sur moi, des pieds à la tête, histoire de voir si j’étais aussi musclé que je le prétendais. « Tu m’as l’air un peu frêle pour un lutteur ». Je pris un air faussement vexé. « Ne juge pas les gens sur leur apparence, tu pourrais bien être surprise ». Et puis, au fil de la discussion, je lui ai proposé de manger avec moi le lendemain midi. Nous nous sommes liés d’amitié, et puis, bien plus par la suite. Lorsqu’elle est morte, ce qui m’a le plus blessé, c’était de perdre une confidente.
J’aurais pu vivre sans elle. C’était juste une amourette. Une histoire qui n’aurait peut-être pas duré. Mais ça m’a fait mal, c’est vrai. Tellement que j’essaie parfois d’oublier que c’est arrivé. Que j’ai connu quelqu’un que j’ai aimé quelques temps, dans l’arène, avant qu’elle ne se fasse tuer. Non, c’est vrai, je ne sais pas vraiment ce que c’est que de perdre une personne que l’on aime réellement. Quelqu’un avec qui on a un lien exceptionnel, hors norme. Après tout, je ne suis proche de personne. Ou du moins, je l’ai été, mais c’est du passé. Je suis sûr que Jo est beaucoup mieux sans moi dans ses pattes. Sans personne pour la surprotéger comme si elle était une enfant. Mais Eolyan, elle, elle est en miettes, et ça se voit. Elle est pourtant étrangement calme. Presque trop pour que ça soit normal. Je m’avance de quelques pas. Un instant, mon regard se porte derrière elle, pour voir s’il n’y a pas un pacificateur à proximité. On ne sait jamais ; je ne la connais pas, même si elle n’est pas vraiment imposante. De ce que je me souviens, sa sœur était plutôt calme. Pas transparente, non. Juste très tempérée. Une gamine qui n’était définitivement pas faite pour les Jeux. Ce n’était pas une carrière. Elle et Jo avaient pas mal de points communs, de ce que j’en sais. La peur, la sensation d’être déjà morte avant même le début de l’épreuve. Raison de plus pour me sentir mal à l’aise. « Alors, ça fait quoi de venir ici avec ta protégée ? ». Je fronce les sourcils. Elle veut m’amener quelque part, mais je ne sais pas où. Elle veut parler, me faire dire des choses, et sans aucun doute, se défouler. Je comprends. J’aurais fait la même chose, à sa place. Seulement, je n’ai jamais été à sa place. J’ai effectué seulement deux tournées, avec celle-là. Autant dire que je ne suis pas rodé à l’exercice. Je sais juste que c’est ridicule. C’est quelque chose qu’on nous demande de faire, comme on demanderait à un chien de marcher sur ses pattes arrière. Ça ne sert strictement à rien, ni pour nous, ni pour les autres. Ça n’aide personne.

« Et elle, la pauvre chérie, ça lui fait quoi d'être ici, au milieu du district de la fille qu'elle a assassiné ? ». Oh, je vois. Je ne pensais pas qu’elle me le reprocherait, en fait. J’étais certain que s’il y avait une personne à attaquer, ce serait vers Jo qu’elle se dirigerait. Il faut croire que j’ai tout faux. Elle est blessée, elle a mal, et elle cherche des réponses. Mais son ton ne me dit rien de bon. Je recule d’un pas. « Ça lui a fait quoi à ta chérie d'être face à la jumelle de celle qu'elle a tué ?! ». Ma chérie ? Je n’ai pas le temps de réagir davantage. Elle bondit sur moi et nous tombons tous les deux. En quelques centièmes de secondes seulement, je me retrouve avec un couteau sous la gorge. J’ai le souffle court, et lorsque je lève les yeux vers la jeune femme, je vois que les siens sont remplis de larmes. Je n’attends pas qu’elle me plante la lame en travers de la gorge ; je plaque ma main droite sur son cou, que j’enserre doucement, et de l’autre, je tiens sa main armée. La lame glisse doucement sur ma peau et l’entaille très légèrement. Je serre les dents. « Qu’est-ce que tu fais ?! » sont les seuls mots que je parviens à articuler. J’ai mal, mais je sais qu’il ne faut pas que je l’agresse. Il ne faut pas que je lui dise des mots qui pourraient la blesser. Parce qu’elle n’aura plus aucune excuse pour ne pas me trancher la carotide. Elle toussote sous l’effet de ma main qui serre son cou si frêle. Je sais que je pourrais la tuer, mais je ne le veux pas. Elle a sûrement une bonne raison de m’en vouloir à ce point. Après tout, j’ai « formé » celle qui a ôté la vie à sa jumelle. « Pourquoi ? Pourquoi moi ? », dis-je en criant presque, mon regard planté dans le sien. Je veux une réponse. Je ne veux pas qu’elle me dise qu’elle a simplement un besoin de vengeance qui ne peut être assouvi que par le meurtre, parce que je n’y croirai pas. Après tout, si elle voulait vraiment se venger, elle aurait dirigé son attaque contre Jo. C’est la seule possibilité logique. Mais moi, je n’ai rien fait. Je suis un acteur d’arrière-plan ; j’étais même incapable de vraiment communiquer avec mes tributs lorsqu’ils étaient dans l’arène. Je n’ai pas pu dire à Jo qu’il fallait qu’elle tue la jeune fille. Elle l’a fait uniquement pour se venger de la mort de son camarade. Pour aucune autre raison. Alors, qu’est-ce qu’Eolyan veut prouver en s’acharnant sur moi ?
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MessageSujet: Re: we fall and we too shall rise ∫ ft. Eolyan   Dim 12 Mai - 17:34

Je veux le tuer mais pourtant au dernier moment, j'hésite. Erreur fatale. Non pas parce que ça lui a laissé le temps de m'enserrer la gorge et de capturer mon poignet dans sa main puissante, non, parce que bien qu'il ai un semblant de contrôle sur moi, ma main tient toujours fermement le poignard et celui-ci est plaqué contre sa carotide, et a même déjà laissé une fine coupure. Non, erreur fatale parce que l'homme que je m'apprétais à tuer quelques secondes auparavant a parlé. Il est désarmé, désorienté, et cherche le dialogue avec moi. Il veut comprendre et c'est ça le pire: avoir à parler à celui que l'on désire tuer. Avoir à lui fournir des explications devant son incompréhension. C'est le pire parce que c'est pendant ce moment là, où l' on n'agit plus par impulsivité, que l'on en arrive à se remettre en question.

Je le contemple. Allongé sur le sol, moi au dessus de lui, il me fixe droit dans les yeux, il ne comprend pas. Vraiment ? Cela m'étonne, je lui ai pourtant donné des indices lui laissant voir que j'avais parfaitement deviné la nature de sa relation avec Lamont. Il lui suffirait juste de mettre les choses bout à bout pour comprendre pourquoi je fais ce que je suis en train de faire. Enfin, je suppose qu'il n'a pas eu vraiment le temps pour réfléchir tranquillement à tout ça, et je ne peux pas lui en vouloir. Une demie seconde; c'est tout ce que je lui ai laissé comme temps pour percuter à la fois mon geste et ma phrase. Un peu court. Ses yeux bruns me sondent, cherchent une réponse dans les miens, je le sens. Ma main tient toujours le poignard fermement contre sa gorge. Que dois-je faire ? Dois-je accepter le dialogue ? Si je lui explique mes motivations puisqu'il ne semble pas les comprendre, il essaiera de me dissuader, et de plus je perdrais du temps et si quelqu'un arrive, je serai vraiment dans une sale posture. Je secoue la tête; je ne dois pas lui parler, je ne dois pas réfléchir: juste agir. J' appuie la lame un peu plus fort contre sa peau mais dans le reflet de celle-ci, je croise alors mon regard; par conséquent celui d'Ileana. Je suspends alors mon geste. Une fois encore. Mes yeux clairs sont aussi les siens. Que dirait-elle en me voyant ? Je détache les yeux de la lame infernale et les replonge dans ceux de Kaidan. Je la déteste elle, même si j'ai quelque part conscience que ce n'est pas entièrement de sa faute, je voudrais la faire souffrir autant que je souffre mais ai-je le droit de prendre la vie d'un innocent pour autant ? Je fronce les sourcils, déchirée entre une pulsion de mort et la raison, qui me dit que ce n'est pas de leur faute, ni à lui, ni entièrement à elle. Bien que je ne le vois pas, je sais que diverses émotions sont en train de défiler dans mes yeux clairs. Une question me traverse l'esprit : Suis-je en train de devenir à mon tour un pion dans le jeu du capitole ? Le deviendrai-je si je tuais un homme innocent dans le but de faire souffrir celle qui l'aime ? Alors qu'au fond, le vrai coupable est le capitole ? La réponse me traverse l'esprit immédiatement: Oui.

Oui je le deviendrai si jamais je mettais mon geste à exécution. Ils n'attendent que ça. Créer le chaos, que les citoyens s'entretuent, se déchirent entre eux pour pouvoir ensuite les amener à se tourner vers eux, et ainsi pouvoir les faire devenir entièrement dépendants sans qu'il y ai de rebellion possible, et même envisagée. Il faut penser, penser comme le capitole pour pouvoir lui résister. Kaidan n'a rien fait, et même si Lamont a tué Ileana ce qui la rend à mes yeux bien plus coupable, elle est aussi une vitcime: celle du capitole. Lentement, je relâche doucement mon emprise sur le poignard qui finit par tomber à côté du visage du mentor du district quatre. Mon poignet toujours emprisonné dans sa main se détend et mon visage aussi. Je ne m'excuserai pas. Je ne l'ai jamais fait; c'est un signe de faiblesse, mais je regrette mon geste et tout en le fixant, je fais de mon mieux pour qu'il puisse lire mon regret au fond de mes yeux. A cause de ma colère, de ma haine, de ma souffrance, et de ma foutue impulsivité, j'ai manqué de tomber dans le jeu ignoble, sournois et cruel du capitole. Je regrette vraiment. « Je voulais qu'elle souffre, autant qu'elle m'a fait souffrir en tuant ma soeur... Elle aurait souffert de la même perte que la mienne: la perte de la personne à qui elle tient le plus au monde. » Ma voix est un peu étouffée à cause de la pression, qui bien qu'étant minime, est exercée sur ma gorge. Mes yeux dans les siens, je poursuis « Mais... Je ne peux pas. Ils n'attendent que cela; que j'entre de leur jeu et ça, pour rien au monde je ne le ferai. »
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MessageSujet: Re: we fall and we too shall rise ∫ ft. Eolyan   Lun 13 Mai - 18:35

Alors que je m’attends à ce qu’elle me plante le couteau dans la trachée, je vois qu’elle lâche prise, qu’elle renonce à ma mise à mort. Je ne sais pas vraiment comment l’expliquer. Peut-être est-ce l’impact de mes mots. C’est ce que j’ai appris de mon expérience dans les Jeux ; si la cible commence à parler, tout est foutu. Il faut la tuer avant qu’elle ne puisse s’exprimer. Or, la jeune fille avait trop attendu. Heureusement pour moi, dans un sens. Sinon, je me serais déjà vidé de mon sang. Mais ce n’est pas cette idée qui me terrifie. C’est celle de ne pas savoir pourquoi elle m’a pris en chasse. Pourquoi elle voulait me voir mort. Le répit n’est que de courte durée. Elle appuie de nouveau la lame contre ma peau et je ferme les yeux, m’attendant au coup final.
On dit que quand on meurt, on voit sa vie défiler devant ses yeux, dans son esprit. Si ça m’était arrivé il y a deux mois, j’aurais sans doute vu Jo, et tout ce que nous n’avions pas pu vivre. Mais aujourd’hui, elle me déteste, et je dois penser à autre chose. Pas à nous deux, surtout pas. Quelques images me traversent l’esprit. L’arène dans laquelle j’étais enfermé, terrifiante et hostile, bien loin de tous les contes de fée qu’on nous lit quand on est gamins. Je me revois dans cette maison sombre, glaciale, les mains posées sur l’abdomen ma petite-amie. Un geste vain, incapable de stopper l’hémorragie, incapable de la sauver. Elle meurt sous mes yeux, et je me lance à la poursuite de la fille du district 1. Je la trouve, et je la bats à mort. Quand ses pleurs cessent, j’entends son coup de canon, puis celui du dernier tribut qui restait, qui vient de se suicider. Une victoire totalement volée, pas méritée. J’aurais préféré mourir. Alors, elle peut bien me tuer. Au moins, ça me permettra de mettre tout cela derrière moi. D’espérer rejoindre un éventuel paradis, même si je n’y ai jamais cru. Je serre sa gorge dans une dernière tentative de me raccrocher à quelque chose, avant d’entamer le grand voyage…

Un bruit métallique à côté de mon oreille me fait ouvrir subitement les yeux. Elle a laissé tomber son poignard près de mon visage. Je ne comprends pas. Je la scrute, tentant de savoir ce qu’elle me réserve. Elle s’est peut-être dit qu’il fallait me faire souffrir un maximum. Qu’il fallait garder l’exécution pour plus tard ; mettre en place une forme de torture. Mais je ne pense pas. Elle a l’air plus vulnérable qu’autre chose. Je plonge mon regard dans le sien sans arrêter d’enserrer sa gorge, qui semble pourtant si fragile. « Je voulais qu'elle souffre, autant qu'elle m'a fait souffrir en tuant ma sœur... Elle aurait souffert de la même perte que la mienne : la perte de la personne à qui elle tient le plus au monde ». Mon cœur rate un battement à ses mots. Comment ? Sur quoi se base-t-elle ? Pourquoi est-elle au courant de ce que Jo et moi avons vécu ? Pourquoi dit-elle que je suis celui auquel Jo tient plus que tout au monde ? C’est faux. Ça l’est aujourd’hui, du moins. C’était vrai à une époque, à l’époque où j’étais son mentor, et où je faisais tout ce qui était en mon pouvoir pour qu’elle revienne vivante. Cette époque où, à ses yeux, j’étais le monde entier, parce que je croyais en elle. Parce que c’était mon métier. Ce temps est révolu. « Mais... Je ne peux pas. Ils n'attendent que cela; que j'entre de leur jeu et ça, pour rien au monde je ne le ferai ». Mes doigts s’écartent lentement de sa peau, mais ne la lâchent pas pour autant ; je lui permets juste de respirer. Je libère totalement son poignet, non sans peur qu’elle reprenne son arme. Je ne sais pas si elle est sincère, je n’arrive pas à le savoir, même en scrutant son regard. Mais je ne cille pas. Je garde mes yeux plantés dans les siens. Ce n’est pas pour la défier, non. Elle m’a poussé dans mes retranchements, en prononçant ces mots. « Je comprends ce que tu voulais faire, mais tu t’es trompée de cible », dis-je lentement. Elle ne sait pas, mais c’est plutôt évident. Jo me déteste. Qu’est-ce que ça pourrait bien lui faire que je meure ? Que je vive ? Ça ne changerait rien. Elle me haïrait toujours autant. Je n’ai pas envie de demander à Eolyan si nos sentiments se lisent aussi facilement. Pense-t-elle que Jo tient toujours à moi ? Si c’est le cas, elle s’est fourvoyée sur toute la ligne.
Je la regarde fixement. Quelque chose m’intrigue chez elle. Je ne sais pas si c’est cette rage contenue, ou bien cette fougue qui la pousse à agresser quelqu’un normalement mandaté par le Capitole. Mais elle est intéressante. Captivante. Je ne lui fais pas confiance, c’est évident, mais je comprends pourquoi elle a fait ça. Une idée qui est totalement étrangère au problème présent surgit soudain dans mon esprit. Au fond de moi, je ne peux m’empêcher de me dire qu’elle serait absolument parfaite pour la rébellion. Mais j’ai déjà vu mourir l’un des enfants Oswin. Aucun père ne mérite de voir sa famille décimée. Je n’ai pas envie qu’Eolyan subisse le même sort qu’Ileana, même si la perspective qu’elle rejoigne les rebelles est envisageable. Je ne lui dis rien. J’essaie simplement de ne pas baisser ma garde devant la jeune femme qui, il y a quelques secondes à peine, m’a creusé une légère entaille dans le cou.
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MessageSujet: Re: we fall and we too shall rise ∫ ft. Eolyan   Mer 15 Mai - 20:26

Ses doigts se desserent, me permettant ainsi de mieux respirer. Il ne me lâche pas du regard et libère lentement mon poignet. C'est un grand risque qu'il prend; je pourrais très bien reprendre le poignard en une fraction de seconde et le lui planter en plein coeur, pourtant et heureusement pour lui, ce n'est pas mon intention. « Je comprends ce que tu voulais faire, mais tu t’es trompée de cible » Tandis qu'il parle, je vois les muscles de son cou se contracter et sa voix est descendue d'un ton dans les graves. Il souffre. Il doute. Il est affecté. Un éclair de compréhension traverse mon regard; il pense que Lamont ne l'aime pas, ou plus, parce qu'elle est froide et distante envers lui. Mais il se trompe. Certains signes ne trompent pas et il faut être quelqu'un d'extérieur pour les percevoir. « C'est toi qui te trompes. ça t'arrange peut-être de penser qu'elle n'éprouve rien pour toi, mais c'est le contraire. » Il me regarde fixemment et je soutiens son regard sans aucune difficulté. Pensive, je garde mes yeux dans les siens et soudain, une idée me fige sur place. Et si... ? Et s' il faisait partie des anciens vainqueurs soutenant le capitole ? Je pâli en pensant à cette idée. Non, non ce n'est pas possible. Il m'aurait déjà mis une droite après que j'ai lâché mon arme si tel était le cas, du moins je l'espère. Et merde, j'ai encore foiré: j'ai agit une fois de plus en me laissant dominer par ma foutue impulsivité. Certes, j'ai réussi à me contrôler, à réfléchir et à ne pas le tuer mais à aucun moment je n'ai pensé à sa position idéologique. Julian s'arracherait les cheveux s'il venait à l'apprendre, et mon père m'engueulerait une fois de plus, comme à son habitude pour ne pas changer.

J'observe attentivement l'homme qui me tient encore la gorge. Il n'a pas un regard agressif, ses gestes sont fermes mais restent néanmoins associés à une certaine douceur. Il m'a écoutée, à cherché à comprendre... Il ne doit pas être en faveur du capitole, du moins je l'espère. Sinon, je n'hésiterai pas à divulguer son histoire avec Lamont. Une relation mentor-tribut ne saurait être approuvée par le capitole; j'ai de quoi le faire chanter si jamais il pensait à me dénoncer au capitole. Il me tient toujours par la gorge, je ne peux pas me relever. Il me regarde comme s'il voulait me dire quelque chose. Je fronce les sourcils, que cherche t'il à me dire ? « Tu ne soutiens pas le capitole n'est-ce pas ? Tu n'as pas l'air en tout cas.. Tu sembles.... » Indécise, je cherche les bons mots. « Je veux dire, tu n'as pas l'air comme eux. Eux, sont cruels, sadiques, imbus d'eux-mêmes, moqueurs, faux, superficiels, artificiels. Toi, tu sembles... humain. Vrai. Avec des sentiments. » Toutefois, je reste méfiante. Si j'ai bien appris quelque chose durant mon enfance, c'est de ne jamais juger quelqu'un trop vite, et en particulier uniquement sur ce qu'il dégage au premier abord. Je pose ma main libre la sienne qui retient encore mon cou et déserre doucement ses doigts « Si jamais je m'étais trompée sur toi et que tu étais en faveur du capitole, je veux que tu sâches que je n'hésiterai pas à dévoiler ce que Lamont et toi ressentez l'un envers l'autre... Mais ce serait uniquement pour me défendre si jamais... » J'ai à peine le temps de terminer ma phrase que l'on m'agrippe les cheveux par derrière. Davantage sous l'effet de la surprise qu' à cause de la douleur, je laisse échapper un cri. Je me sens soulevée de terre comme si je ne pesais rien et en quelques secondes, je me retrouve debout, plaquée contre le mur, tellement violemment que ma tête heurte celui-ci avec un bruit sourd. Afin de retrouver une vision nette, je cligne plusieurs fois des yeux et me retrouve nez à nez avec un pacificateur qui braque une arme sous mon nez. « Un geste et tu es morte. Qu'étais-tu en train de faire à Monsieur Hunter ? » Un pacificateur. De doux, mon regard vire à glacial et déterminé. « Lâchez-moi immédiatement. Ne posez pas les mains sur moi. » A ces mots, le regard de l'homme se durcit et du revers de son arme, il me frappe violemment la tempe droite. Le choc est tellement brutal que j'en tombe sur le sol. Pourtant, il ne me laisse pas de répit et me relève de force par la gorge « Répète ça un peu pour voir. » Le con. Ma tempe saigne. Il a osé porter la main sur moi. Je le fixe de mes yeux clairs, sans faiblir malgré son arme pointée sur moi. En fait, c'est comme si elle n'existait pas, je n'y fait même pas attention. Brusquement je le pousse de toutes mes forces si bien qu'il manque de tomber et se rattrappe à un lavabo glissant. Mon apparence a toujours été ma force; en me voyant, les gens pensent toujours que je suis faible parce que je suis mince et pas très grande mais ils ne se doutent pas que j'ai quand même beaucoup de forces étant donné que je suis très sportive. Quand je prends les gens par surprise, j' y mets souvent toutes les forces dont je dispose. Toutefois, il ne tarde pas à répliquer, m'attrappe par les poignets et me les plaque au mur si bien que je ne peux plus bouger. Tandis que je me contente de le fusiller du regard, je prends conscience d'une réalité que j'avais tenté d'oublier: Je n'arriverai jamais à ne pas répondre aux attaques des pacificateurs où aux provocations du capitole. C'est impossible pour moi. Je peux faire semblant et tromper les gens mais j'ai des limites et là, il vient de les franchir. Tandis que je plonge mon regard dans le sien, je réalise que je ne tiendrai pas longtemps sans objectif, sans agir. Il faut que je trouve un moyen de rejoindre un réseau de résistants sinon je ne ferai pas long feu ici. Il en va de ma vie. « Qu'est-ce que t'as essayé de faire dis-moi ? Ah tu fais moins la maligne maintenant que tu ne peux plus bouger hein ? ». Je cesse de me débattre et m'immobilise. Il a un rictus qui m'est des plus désagréables. Hautain, inhumain, faux. Je ne peux m'en empêcher et lui crache à la figure « Dégage. ».
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MessageSujet: Re: we fall and we too shall rise ∫ ft. Eolyan   Mer 15 Mai - 21:35

Le combat cesse finalement, comme si nous nous étions tous les deux résolus. Comme si nous avions décidé d’épargner la vie de la personne en face de nous. Mes doigts, qui l’étranglaient il y a quelques secondes, se desserrent lentement. Plus de gestes brusques. Nous nous exprimons enfin comme des personnes civilisées. Mais ça ne m’empêche pas de réfléchir à ce qu’elle m’a dit sur Jo. C’est stupide. Les histoires de cœur n’ont jamais été mon domaine. Je n’ai jamais voulu m’attacher. Principalement parce que j’ai toujours pensé que ma vie ne tenait qu’à un fil. Et puis, je n’ai jamais eu envie d’être proche de quelqu’un. C’est comme ça ; certains ont les relations humaines dans le sang, et d’autres doivent se forcer pour être un tantinet sociables. Ça me blesse presque de me rendre compte que les sentiments que Jo et moi avons l’un pour l’autre ne sont pas passés inaperçus. J’ai peur pour elle. Moi, je m’en fous. Mais Jo, je n’ai pas envie qu’elle finisse entre les mains du Capitole, torturée, simplement parce qu’elle s’est rapprochée de son mentor. « C'est toi qui te trompes. Ça t'arrange peut-être de penser qu'elle n'éprouve rien pour toi, mais c'est le contraire ». Je baisse les yeux en entendant les mots d’Eolyan. Je sais qu’elle a raison. Mais j’aimerais tellement me dire que ce n’est pas le cas. Faire comme s’il ne s’était rien passé. C’est hélas impossible. Je dois maintenant porter un masque pour cacher tout ce que je ressens, afin que personne n’en sache rien. Eolyan ne sait sans doute pas à quel point c’est important. Je ne sais pas si elle est consciente de ce que nous risquons si notre semblant d’idylle est découvert. J’ai en tout cas quelques idées sur la question, et je n’ai pas envie de me retrouver dans cette situation. Jamais.

Je l’observe longuement, alors que j’étudie ses aptitudes, ses talents, qui pourraient la pousser à devenir rebelle. Elle pourrait être plus discrète que je ne le suis. Plus efficace, du coup. Elle m’interrompt, comme si elle lisait dans mon esprit. « Tu ne soutiens pas le capitole n'est-ce pas ? Tu n'as pas l'air en tout cas… Tu sembles… ». Elle semble chercher ses mots. « Je veux dire, tu n'as pas l'air comme eux. Eux, sont cruels, sadiques, imbus d'eux-mêmes, moqueurs, faux, superficiels, artificiels. Toi, tu sembles… humain. Vrai. Avec des sentiments ». Je ne cille pas. Je veux lui montrer que je suis sincère. Et que je ne lui en veux pas de m’avoir attaqué ; pas si elle vient gonfler les rangs des rebelles. « Je viens du quatre. Je ne suis pas comme eux ». Elle me jauge un moment, puis finit de desserrer mes doigts de son cou. « Si jamais je m'étais trompée sur toi et que tu étais en faveur du capitole, je veux que tu saches que je n'hésiterai pas à dévoiler ce que Lamont et toi ressentez l'un envers l'autre... Mais ce serait uniquement pour me défendre si jamais... ». Je suis sur le point de répliquer mais elle ne termine pas sa phrase. Un pacificateur l’a déjà empoignée par les cheveux, avec une violence inouïe. Il la plaque contre le mur et lui demande ce qu’elle était en train de me faire. Je n’ai pas le temps de réagir. Il la frappe avec le revers de son arme, si fort qu’elle s’écroule sur le sol, la tempe en sang. Il la relève de force en l’étranglant, avec bien plus de poigne que moi. Eolyan se défend l’espace de quelques secondes, mais l’homme reprend l’avantage. Il est bien plus grand qu’elle, ce n’est pas bien difficile de la maîtriser. « Qu'est-ce que t'as essayé de faire dis-moi ? Ah tu fais moins la maligne maintenant que tu ne peux plus bouger hein ? ». Eolyan s’immobilise et lui crache à la figure, avant de lui dire de dégager. L’homme est sur le point de la frapper de nouveau, mais je m’approche et le toise. « Lâchez-la ». Il a l’air de ne plus savoir quoi penser. Après tout, si elle m’agressait, pourquoi est-ce que je la défendrais ? Soudain, il lâche ses poignets, recule, et se tourne vers moi. « Vous avez une coupure à la gorge, Monsieur Hunter ». Je fronce les sourcils. « C’est une égratignure ». Il ne me croit pas, je le vois bien. Après tout, c’est vrai que c’est difficile à croire. Eolyan était à califourchon sur moi, un couteau entre les mains. Impossible qu’elle soit simplement venue papoter amicalement. « Si vous ne tenez pas à ce que j’en réfère à vos supérieurs, je vous conseille de partir. Tout va bien, ici ». Il bout de rage. « Cette gamine essayait de vous assassiner ». Je m’approche de lui et le regarde longuement. « J’ai survécu aux Jeux il y a dix ans. J’ai tué quelqu’un à mains nues. Ne soyez pas stupide ». Comme si cet argument suffisait à le convaincre, l’homme hausse les épaules, visiblement excédé par mon obstination. J’attends qu’il soit parti pour me tourner vers Eolyan. Elle ne saigne pas trop, heureusement. Je saisis son menton pour tourner un peu son visage, et observe la plaie. « Viens, on va nettoyer ça ». Je l’emmène au lavabo le plus proche, et tire de la poche de ma veste le mouchoir en tissu qui lui servait de décoration. Je l’imbibe d’eau et le plaque contre la tempe de la jeune femme. C’est assez étonnant, mais même si elle a tenté de m’assassiner il y a cinq minutes, je ressens de la sympathie pour elle. Pas de la pitié, non. J’aime son tempérament, sa fougue, son impétuosité. Elle me rappelle le jeune homme que je pouvais être à quatorze ans, avant le traumatisme des Jeux. Je m’assieds contre le rebord du lavabo et la regarde un moment, mes iris foncés plantés dans ses yeux clairs. « Tu es impressionnante ». Elle se bat comme un garçon, n’a pas peur de l’autorité. C’est quelqu’un qui peut facilement s’attirer des problèmes ; mais en même temps, par les temps qui courent, ce n’est pas de refus. Il faudrait plus de gens comme elle. Mais je ne dois pas oublier qu’elle peut mourir. Après tout, elle est toujours éligible, encore pour trois ou quatre ans. Je serre les dents. J’espère que, si elle est tirée au sort, elle aura un aussi bon mentor que j’ai pu l’être pour Jo. Je n’aimerais pas qu’elle meure dans ces Jeux. Elle est bien trop captivante pour terminer sa vie dans une arène.
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MessageSujet: Re: we fall and we too shall rise ∫ ft. Eolyan   Sam 18 Mai - 13:50

Je ferme les yeux, me préparant à recevoir le coup suivant. Je prends une grande inspiration, pour mieux encaisser le coup et éviter de crier. Je refuse l'idée de lui donner cette satisfaction. Toutefois, le coup auquel je m'étais préparée ne vient pas. Grâce à Kaidan. Celui-ci s'est relevé et vient d'ordonner au pacificateur de me lâcher, ce qu'il s'empresse de faire en voyant la coupure sur le gorge du mentor. Je frotte mes poignets où les empreintes de doigts de l'homme se sont incrusées, laissant des traces violacées et observe silencieusement l'échange entre les deux hommes. Kaidan Hunter prend ma défense, je ne sais pas vraiment ce qui le pousse à me croire, à me faire confiance mais il le fait, c'est ce qui compte. L'autre ne comprend rien; après tout il y a quelques secondes j'étais en deux doigts de zigouiller le mentor du quatre mais contre tout attente, celui-ci se met à me défendre avec ferveur. Je me mords les lèvres et me retiens difficilement de rire en voyant la tête déconfite, perdue et perplexe du pacificateur qui finit par abdiquer voyant la tenacité de Kaidan, non sans me jeter un regard noir. Lorsqu'il passe à côté de moi, il marque un temps d'arrêt et un léger murmure rempli de menaces parvient à mon oreille gauche « Tu me le paieras. » Je soutiens son regard avec impertinence, et l'homme finit par s'en aller sans se retourner. Je prends quelques instants pour analyser ses paroles et en tire une seule et unique conclusion: ce n'est pas juste une menace en l'air ou du barratin. Non. Je risque fortement de le revoir un jour. Si j'ai bien appris quelque chose avec les pacificateurs, c'est que ceux-ci ont plutôt tendance à tenir leurs engagements quelqu'ils soient et ont pour le plupart une assez bonne mémoire visuelle. Cet homme aura donc sans aucun doute retenu mon visage à la perfection et cherchera, avec une propbabilité de 90 %, à me faire payer cette altercation avec Kaidan Hunter. Après tout, il aurait pu s'attirer des problèmes avec ses supérieurs si Kaidan avait décidé de le leur en faire le rapport. Bof...Tant pis, un de plus ou un de moins... De toute façon, j'ai l'habitude de m'attirer des problèmes, je suis un véritable aimant pour eux. Cet homme ne sera pas le premier, et certainement pas le dernier à m'en vouloir et à vouloir me faire payer quelque chose. Blesser des egos, des amours-propres, j'ai l'habitude. Il faut pourtant noter que j'ai progressé. Maintenant quand je le fait, c'est toujours volontairement, ce qui n'était pas le cas il y a de ça quelques années.

Un contact sur mon menton me fait quitter mes pensées et revenir à la réalité. Kaidan s'est approché de moi et est en train d'examiner mon visage avec minutie. L'air grave, il semble vraiment se préoccuper de mon état « Viens, on va nettoyer ça ».. Il m'entraine à sa suite vers le lavabo grâce auquel le pacificateur avait évité sa chute lorsque je l'avais poussé. J'observe le jeune homme tirer de sa poche le mouchoir en tissu qui lui servait de décoration à son arrivée et comprends alors que le capitole n'a vraiment aucune espèce d'importance pour lui. Quelqu'un pour qui celui-ci aurait de une importance, même minime, n'aurait jamais sacrifié un objet décoratif venant du capitole, même aussi banal qu'un simple mouchoir, pour soigner quelqu'un. Le contact froid du mouchoir trempé sur ma tempe me procure en premier lieu une légère douleur, puis celle-ci disparait, provoquant un léger soulagement. Mais mon visage est resté impassible, je le sais. Je ne montre que très rarement ce que je ressens, c'est une habitude que j'ai de vouloir tout contrôler « Merci. » Merci pour m'avoir défendue, merci pour m'avoir crue, merci de m'accorder ce début de confiance et merci de t'être préoccupé et de moi et de m'avoir soignée. Généralement, je ne remercie que rarement les gens, de plus quand je le fais c'est uniquement pour les gens que je connais, mais là j'estime devoir faire une exception pour lui. Je le regarde s'asseoir sur le rebord du lavabo et lui rend son regard lorsqu'il relève ses iris fonçés vers mes opales. Il m'analyse, me sonde, tente d'extraire des informations de moi, je le sens. Que cherche-t'il ? « Tu es impressionnante ». Ma surprise est telle que je ne peux m'empêcher d'hausser les sourcils à ces mots. C'est bien la première fois que j'entends ces mots et ceux sont de loin le plus beau compliment que l'on m'ai jamais fait. Sur le coup, je reste muette, ne sachant que dire, et c'est bien l'une des rares fois où je reste muette, je le reconnais. Finalement, j'esquisse un sourire « J'ai plutôt l'habitude que l'on m'associe à d'autres termes tels que impulsive, irréfléchie, imprudente, énervante... Mais j'avoue que " impressionnante ", c'est bien la première fois que l'on me le dit ». Et ça me fait plaisir. Beaucoup. « Le terme " impressionnante ", comme tous les termes mélioratifs d'ailleurs, était plutôt réservé à Ileana lorsqu'on parlait de ses capacités scolaires... Elle était incroyable. » Mon ton est neutre, résolu. Je suis habituée en fait, je ne cherche pas la pitié, ça non. Surtout pas, ce serait mal me connaitre que de penser une telle chose. Tout en parlant, j'examine mon reflet dans le miroir et m'aperçois qu'autour de mon cou se trouvent des marques violacées. Merde, il va falloir que je camoufle ça pour que mon père ne s'aperçoive de rien, sinon je vais encore en prendre plein mon grade. D'une main experte, je place mes cheveux afin de masquer les marques de strangulation, dévoilant l'espace d'une seconde mon tatouage. Espérons que ça fonctionne et que personne ne s'aperçoive de rien.
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MessageSujet: Re: we fall and we too shall rise ∫ ft. Eolyan   Jeu 23 Mai - 12:08

Rien qu’à voir sa réaction, il est facile de deviner qu’Eolyan n’a jamais été vraiment valorisée. Elle a dû grandir dans l’ombre de sa sœur, sans aucun doute. Celle qui était irréprochable. Celle qui ne faisait pas de bêtises. Et ça doit être dur. C’est dans ces moments-là que je me réjouis de ne jamais avoir eu de frère ni de sœur. Pire encore, de jumeau. Ça peut avoir ses avantages, mais dans le cas présent, elle aurait sans doute préféré pouvoir se démarquer un peu ; ne pas être toujours assimilée à une jeune femme qui était la perfection incarnée pour tous les autres. Oui, ça doit être éprouvant. Alors, je l’écoute attentivement, parce que je sais qu’elle doit vouloir parler de tout cela, et qu’elle ne peut pas le faire avec son frère ou son père. « J'ai plutôt l'habitude que l'on m'associe à d'autres termes tels que impulsive, irréfléchie, imprudente, énervante... Mais j'avoue que " impressionnante ", c'est bien la première fois que l'on me le dit ». Je m’apprête à parler, simplement parce que je trouve que ce n’est pas juste. Il n’y a aucune raison qui puisse justifier de ne pas admirer quelqu’un comme Eolyan. Elle a des convictions, et elle se bat pour les défendre. Pour moi, elle semble être spéciale, différente des autres. Mais visiblement, pas assez bien par rapport à Ileana. Elle ne me laisse pas le temps de lui dire quelque chose et poursuit. « Le terme " impressionnante ", comme tous les termes mélioratifs d'ailleurs, était plutôt réservé à Ileana lorsqu'on parlait de ses capacités scolaires... Elle était incroyable ». Je secoue la tête. Ça me fait de la peine pour elle. Je me demande même si mon agression n’était pas un moyen de montrer qu’elle existe, qu’elle n’est pas simplement le reflet d’une sœur disparue. J’aimerais lui dire beaucoup de choses, mais je sais qu’elle le prendrait mal. Par exemple, que si elle était allée dans l’arène à la place de sa sœur, Jo ne serait sûrement pas revenue vivante. C’est bête, mais je le pense. Elle a l’air d’avoir des tonnes de capacités, cachées derrière sa frêle apparence. Elle est capable de tuer des gens. Elle est capable de gagner les Jeux. Mais je ne veux pas lui dire ça, parce que je sais qu’elle ne l’acceptera pas. Le couteau se trouve toujours au sol, à quelques mètres de nous. Je ne veux pas que mes paroles soient un prétexte à une nouvelle tentative de meurtre. Alors, je la regarde simplement. « Tu as l’air d’être impulsive, je ne vais pas te dire le contraire… Mais tes défauts peuvent aussi être des qualités. Dans ton cas, la bravoure, l’impudence. Ne laisse jamais personne te dire que tu devrais t’assagir. C’est bien d’être comme ça, surtout à Panem ». Je détourne le regard, contemplant le carrelage immaculé autour de nous. Tout est aseptisé ici. Bien loin de ce que j’ai pu connaître au district 4, avant de partir pour les Jeux. Bien loin de ce que les habitants du 6 ont l’habitude de voir. Tout est fait pour que l’on pense que nous sommes en sécurité. Le Capitole est décidément bien habile pour cacher ses intentions. C’est du luxe ordinaire, mais on s’y habitue vite. Ce n’est pas un hasard si les anciens champions se rebellent rarement ; pourquoi vouloir mettre fin à une existence aussi paisible ? À croire qu’ils n’ont pas souffert autant que Jo ou moi. À croire qu’ils ont pardonné. Je ne pourrai jamais le faire. Je ne suis plus le même depuis que je suis rentré, et tout ça, c’est de leur faute. Se rebeller, s’indigner, comme le fait Eolyan, est la seule manière de survivre. Si on n’extériorise pas toute la haine que l’on ressent pour eux, toute l’injustice que nous subissons chaque jour, nous sommes déjà morts.

Je regarde de nouveau Eolyan. « Tu n’as pas besoin d’être comme Ileana pour être quelqu’un d’intéressant ». Je ne peux pas lui parler davantage de mes idées la concernant. Je sais que le Capitole planque régulièrement des micros dans les salles, de façon à être au courant de tout ce qui peut-être fomenté contre eux. Mais je sais aussi que les chefs de la rébellion seraient ravis de compter une fille comme ça dans leurs rangs. Dans tous les cas, elle n’a pas à se sentir moins bien que sa sœur. Moins talentueuse, moins sage. Moins précieuse. « Je ne t’en veux pas, au fait », lâché-je, sans véritable raison. Je veux qu’elle sache que ça n’a pas vraiment d’importance pour moi, le fait qu’elle m’ait attaqué il y a quelques minutes. Je comprends ce qu’elle ressent. Je sais qu’elle a accumulé énormément de colère, de frustration, d’angoisse, ces derniers temps. Quiconque lui reprocherait serait complètement stupide. C’est normal qu’elle soit perdue. Qu’elle ait envie de s’en prendre à la terre entière. Comme elle l’a dit, elle a perdu la personne la plus importante à ses yeux. Néanmoins, je n’hésiterais pas à lui dire, si elle me le demandait, que je ne regrette pas la mort de sa sœur. Tout simplement parce que nos rôles auraient été inversés si sa sœur avait survécu. Enfin, je m’en serais pris à Ileana, pas à Eolyan. Mais c’est pareil. Je pense que j’aurais eu du mal à affronter ça. Je me rappelle de ses paroles, il y a quelques minutes à peine. « C'est toi qui te trompes. ça t'arrange peut-être de penser qu'elle n'éprouve rien pour toi, mais c'est le contraire ». Je regarde en direction de la porte. Elle doit être rentrée maintenant. Mais c’est stupide de nous éviter comme ça. De nous détester. Je ne sais plus quoi faire. Au fond, je pense qu’elle est mieux sans moi. Qui aurait besoin d’un homme comme moi dans sa vie ? Je ne fais rien de bien. Je me détruis, et je détruis les autres. Je souris, je ne laisse rien paraître, mais je ne serai plus jamais comme avant. En fait, Eolyan et moi avons plus de points communs que nous ne voulons l’admettre.
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MessageSujet: Re: we fall and we too shall rise ∫ ft. Eolyan   Sam 25 Mai - 14:25

Ileana, son souvenir me hante. Qu'il fasse jour ou qu'il fasse nuit. Qu'il fasse beau ou qu'il fasse gris. Que je sois heureuse ou que je sois triste. Que je fasse ceci ou que je fasse cela. Je n'arrive pas à me détacher d'Ileana. Et au fond de moi, je ne sais même pas si je le veux vraiment. Une partie de moi le souhaite; elle souhaiterait pouvoir vivre pour ce qu'elle est elle, tandis qu'une autre le refuse. Totalement. Elle a peur d'affronter la vie sans cette partie à jamais disparue. Elle a peur de l'oublier et ramène donc tout à Ileana.

Au moment où Ileana était finalement sortie des rangs alors que je m'appretais à monter sur les marches de l'estrade, déterminée, prête à sauver ma jumelle, la tête de l'hôte du district six aurait été bonne à photographier pour entrer dans l'histoire. " Des jumelles ! Vous êtes jumelles ! Alors laquelle d'entre vous est Ileana Oswin ? " Nous nous étions regardées Ileana et moi et immédiatement j'avais su qu'elle ne lacherait pas le morceau c'est pourquoi j'avais tenté le tout pour le tout et avait endossé également son caractère doux. Et toutes deux nous avions répondu positivement. Les organisateurs avaient du faire des recherches dans les dossiers contenant nos actes de naissance car ni nos parents, ni Julian ne pouvaient constituer des sources fiables, et finalement ils avaient trouvé un point qui permettait de nous différencier: Je possédais une tâche de naissance sous l' omoplate gauche. Tâche qu'Ileana n'avait pas. Nous avions alors été séparées le temps qu'ils emmenent Ileana et un rapport avait été envoyé au Capitole.

Concernant la traditionnelle interview avant les jeux, je me souviens de toute la partie consacrée au passage de ma soeur. Pomponnée, coiffée, habillée par les plus grands, elle était méconnaissable. Tellement magnifique, mais tellement superficielle également. Tout avait été mis en oeuvre pour qu'elle reflette la superficialité des individus habitant le capitole et leur mode de vie grotesque. Seuls ses yeux clairs et son regard angoissé m'avaient permis de comprendre que ma soeur était toujours la même intérieurement. Lorsqu'elle avait répondu aux questions de l'animateur, son ton bien que maitrisé avait un fond où pointait la terreur. Ileana n'était pas préparée aux jeux. Trop fragile, trop gentille, d'une douceur infinie. Elle voyait le bien chez tout le monde, même dans le fond des individus les plus cruels. Trop naïve. Trop parfaite. Je ne l'avait jamais vue se battre, ou pratiquer un sport autre que la danse, ni tirer à l'arc, ni grimper aux arbres... Rien de tout cela ne l'interessait; elle était beaucoup plus intellectuelle, posée et réfléchie. Pendant toute l'interview, elle avait répondu de son mieux aux questions, la tête haute et le regard rivé sur le chapeau à plumes multicolores de l'animateur. C'était le seul élément qui m'avait fait rire. Lorsqu'Ileana était stressée, elle avait toujours pour habitude de fixer une chose précise et de se concentrer sur celle-ci. Le seul moment où elle avait regardé l'homme dans les yeux était quand elle avait parlé de moi, suite à la question très délicate du l'animateur " Et donc vous avez une soeur jumelle qui a tenté de prendre votre place ? ", Sa réponse avait été foudroyante pour moi " Je ne l'aurai jamais laissé prendre ma place. Je m'en serai voulu toute ma vie si elle n'était pas revenue des jeux. " Mais la suite avait été pire encore. " On dit que les jumeaux ont cette capacité à rester liés même à distance, et de ressentir ce qu'il arrive à l'autre même si celui-ci est loin, est-ce la vérité ? " Ma soeur avait cillé, puis avait répondu d'une voix déterminée " Oui c'est la vérité. C'est donc pour cela que je vais aller jusqu'au bout de ces Jeux. Je ne veux pas que ma soeur ressente ma douleur si je venais à mourir. " Et quand elle avait été tuée, j'avais en effet cru mourir.

« Tu as l’air d’être impulsive, je ne vais pas te dire le contraire… Mais tes défauts peuvent aussi être des qualités. Dans ton cas, la bravoure, l’impudence. Ne laisse jamais personne te dire que tu devrais t’assagir. C’est bien d’être comme ça, surtout à Panem ». Je réfléchis à ses paroles sans répondre. Ce qu'il dit est vrai mais on m'a tellement répété le contraire que j'avais presque oublié à quel point ce que dit Kaidan est juste mais il faut néanmoins que je m'entraine à me contrôler, du moins un peu plus car je suis humaine et je sais très bien que des limites s'imposent à moi. Comme il y a un instant avec le pacificateur. Mais apprendre à repousser ces limites doit être faisable; difficile mais faisable, et qui pourrait mieux m'entrainer, mieux m'aider que Kaidan ? Il est le seul qui semble penser comme moi ici. Il me ressemble en fait, il a la même façon de voir les choses que moi. Une idée commence à prendre forme dans mon esprit tandis qu'il continue de me parler avec franchise et sincérité. « Tu n’as pas besoin d’être comme Ileana pour être quelqu’un d’intéressant ». Il me faut quelqu'un sur qui je puisse me reposer, quelqu'un de franc, de dur, qui croit en moi et en mes capacités et qui puisse m'entrainer et me conseiller, et plus que tout quelqu'un qui pense comme moi. Si j'arrivais à rejoindre un réseau de résistants, cet entrainement me serait très utile et si par malheur j'étais sélectionnée pour participer aux jeux cette année, il me serait tout aussi utile, voire plus. Il faut que j'arrive à lui faire passer un message implicite. Je relève les yeux vers lui et prie pour qu'il arrive à lire entre les lignes. « Dis-moi, en tant qu'ancien vainqueur, tu crois aussi qu'être trop impulsif est un défaut qui peut nuire n'est-ce pas ? » Le but de cette question est de lui faire comprendre ma volonté de changer, de progresser et d'agir. « Tu as de l'expérience, alors je me demandais comment ferais-tu pour corriger ce défaut ? » Autre question avec un second message implicite dont le but est de lui faire comprendre que s'il veut bien m'aider à rencontrer des gens qui pensent comme moi, comme nous, et que s'il veut bien m'aider à progresser, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour faire tomber le Capitole, et venger ma soeur.
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MessageSujet: Re: we fall and we too shall rise ∫ ft. Eolyan   Sam 25 Mai - 19:37

Quand j’avais quinze ans, quelques mois après ma victoire aux Jeux, j’avais dérapé. Lors d’une fête au Capitole, j’avais pris un invité entre quatre yeux, au détour d’un couloir, et l’avais menacé. Fort heureusement, ce n’était pas vraiment quelqu’un d’important. J’avais cette détermination dans la voix qui ne permettait pas d’ignorer le sérieux de mes propos. De supputer que je pouvais plaisanter, simplement. Je buvais déjà plus que de raison, à cette époque. J’étais démoli. En miettes. Je n’étais pas fort comme aujourd’hui ; moins fort du moins. L’alcoolisme, ça ne m’a jamais vraiment quitté. Lorsque cette personne était allée parler de mon instant d’égarement à notre hôte, on m’avait fait venir dans une pièce à part et passé à tabac. Après ça, on m’avait fait escorter chez moi discrètement pour que personne ne remarque mon visage tuméfié. Et on m’avait menacé de mort à mon tour, me précisant que si je ne rentrais pas dans le rang, je crèverais, je cite, « comme un chien ». J’étais resté chez moi pendant des mois, encore. Je ne voulais pas connaître le monde extérieur, trop hostile, trop différent désormais. Je m’imaginais parfois, deux ans plus tôt, me demandant ce que j’aurais pensé d’une telle situation. J’aurais sans doute été estomaqué. J’ai toujours pensé que j’avais un fort tempérament ; suffisamment fort pour tenir tête à tout le monde. Mais ce n’est pas le cas. Devant le Capitole, je fais profil bas. Plus ou moins… Et je n’ai pas envie qu’Eolyan ait une image trop erronée de moi. Qu’elle me pense courageux, brave. Je ne le suis pas ; je suis simplement fou. C’est ce qui m’a poussé à l’étrangler, puis à la défendre. À lui faire confiance, alors qu’elle venait de tenter de m’assassiner. Je n’ai aucune logique, vraiment. Mais je pense que je lui dis juste, lorsque je lui parle d’elle. Lorsque je lui avoue que son tempérament, aussi instable soit-il, est une bénédiction. Elle a le pouvoir de faire bien plus de choses que la plupart des filles de son âge, qui sont souvent abêties par un endoctrinement survenu bien trop tôt. Comment se rebeller contre quelque chose qu’elles ont toujours connu ? Je soupire. Les jeux ont été rétablis quand je suis né. Je n’ai jamais connu de période sans eux ; de moment de calme, où j’aurais encore eu un espoir de grandir tranquille, loin de cette saloperie. Pour autant, j’ai déjà entendu ma mère me parler d’avant. Quand il n’y avait pas cette horreur, diffusée à la télévision. Elle m’a eu à seize ans. Un très jeune âge, en somme. J’ai eu du mal à être proche d’elle ; son immaturité faisait qu’elle n’arrivait pas à s’occuper de moi comme une adulte. Mon père en avait deux de plus, et il est parti dès que sa copine a su qu’elle m’avait dans le ventre. J’ai reçu peu d’amour, du coup, et deux fois plus de ressentiments. Envers ce salaud qui l’avait laissée, et aussi, envers les Jeux. Elle aurait pu y aller ; elle était éligible. Heureusement, elle n’a jamais été tirée au sort, et a pu déverser toute la haine qu’elle avait pour eux, m’éduquant à coups de « ces jeux de merde » et de « j’espère que tu n’iras jamais ». Mauvaise pioche, maman… Et puis, j’ai fini par connaître mon père, en grandissant ; il habitait presque juste à côté de chez nous. Il est parti vivre un peu plus loin quand j’ai eu 10 ans. Un mal pour un bien.
Tout ça pour dire que, je ne suis pas stable. Je ne suis pas décent. Je suis bousillé, autant, plus, qu’Eolyan. Mais pourtant, quand je regarde dans ses yeux, je me revois. Je vois mon alter ego féminin. Et je crois savoir ce qu’elle veut, mais j’écoute quand même ce qu’elle a à me dire. « Dis-moi, en tant qu'ancien vainqueur, tu crois aussi qu'être trop impulsif est un défaut qui peut nuire n'est-ce pas ? ». Je hoche la tête, doucement. Je sais qu’il est question de lire entre les lignes. Elle est futée. « Oui. J’en sais quelque chose ». Comprendre : je suis pareil. Elle le sait. Elle l’a vu. Mais je n’arrive pas à deviner réellement ce qu’elle attend de moi. « Tu as de l'expérience, alors je me demandais comment ferais-tu pour corriger ce défaut ? ». Sa deuxième question est plus éloquente. Je scrute un instant l’environnement autour de nous, comme si je m’attendais à voir un micro ou une caméra planqués quelque part. Je ne sais pas si c’est le cas. Mais de toute façon, autant me méfier. Je pose de nouveau les yeux sur Eolyan. « On va passer du temps ensemble, Eolyan ». Je ne peux cacher un léger sourire. Je l’aime bien. Je la trouve intéressante. C’est terrible de l’admettre, parce qu’elle m’a fait peur. Vraiment peur. Pas parce qu’elle voulait me tuer, mais parce qu’elle avait la conviction que si elle le faisait, Jo en souffrirait autant que elle avec Ileana. Elle avait pensé à tout. Et ça m’effraie. Je ne suis pas du genre à élaborer de tels plans. Si elle attend de moi que je sois un fin stratège, que je trouve un moyen de l’emmener loin d’ici pour lui faire prendre part à la rébellion, elle se met le doigt dans l’œil. Je n’aime pas les idées trop farfelues, trop complexes à mettre en œuvre. Mais elle, je lui fais confiance ; je sais qu’elle ne manque pas de ressources, et qu’elle dispose de toute l’imagination nécessaire pour répondre à ses problèmes, quitte à ce que ses solutions m’impliquent.
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