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 i just came to say hello. ∫ ft. Jo

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Tributs tués : 112
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MessageSujet: i just came to say hello. ∫ ft. Jo   Dim 28 Avr - 14:12


« if you love me, you'll forgive me »

« Vous avez vu, c’est moi ! ». Je désigne la télévision d’un signe de tête et fourre une poignée de popcorns dans ma bouche. Mes anciens maquilleurs, stylistes, compagnons du Capitole, me regardent, comme si je venais d’une autre planète. Ce marathon télévisé des Jeux de la Faim est plus passionnant que je ne le pensais. Bien sûr, les images diffusées actuellement me montrent en train de tuer un tribut. Mais je n’ai pas l’air plus choqué que ça. J’ai toujours surpris les gens, par le détachement dont je faisais preuve. Comme si ça appartenait au passé, et que je ne devais pas y accorder trop d’importance. Je tends le sac de popcorn à mes convives, qui déclinent poliment, d’un geste de la main. Je reporte mon attention sur la télévision. J’embrasse Lara. Le canon retentit. Le dernier tribut est mort. J’ai gagné, mais j’ai un regard hagard, comme si je ne comprenais pas ce qui m’arrive. J’étouffe un rire et je continue de m’empiffrer. Ils ne comprennent pas comment je peux faire preuve de sarcasme à ce point. Moi non plus, d’ailleurs. J’en suis arrivé à la conclusion que je ris pour ne plus pleurer. L’image à l’écran change soudain, pour montrer des extraits de l’année durant laquelle Neo était tribut. Je déglutis et attrape la télécommande pour éteindre la télévision. Les gens autour me regardent. « Kaidan… Ça va ? ». Je me tourne vers mon ancienne styliste, qui se tient à quelques mètres de moi, puis lance de manière monotone : « ouais ». Je n’ai pas envie d’expliquer, ils ne comprendraient pas. Après tout, ce sont des gens du Capitole. Ils n’ont pas vu leurs enfants partir aux Jeux. Ils n’ont pas vécu l’horreur. Ils n’ont pas dû se battre pour survivre. Je ne leur en veux même pas. Ce n’est pas de leur faute s’ils sont nés au bon endroit. Je saisis ma bière, la troisième en une heure à peine, et je la termine d’un trait.
Tous se taisent. Je sais qu’il y a un sujet tabou, qu’aucun n’aborde. Celui de Jo. Ils savent qu’il y a quelque chose entre nous, quoi que cela puisse être. Enfin, beaucoup de gens ont entendu parler du baiser. C’est déjà assez embarrassant. Ils pensent tous que j’ai abusé de ma position de mentor. Et à leur place, je penserais la même chose. Comment interpréter ces derniers mois autrement ? Je les regarde un à un. « Comment va Jo, aujourd’hui ? ». Ils se scrutent, comme s’ils se refilaient la responsabilité de m’adresser la parole. L’un d’eux s’avance finalement. « Elle fréquente M. Bellacqua en ce moment, et apparemment, elle va mieux ». Je détourne le regard et fronce les sourcils. Je n’ai rien contre leur amitié. Vraiment rien. Et Neo est un ami ; sans aucun doute, le seul qu’il me reste réellement. Mais je ne peux pas m’empêcher d’être jaloux. Je sais que je l’ai bien mérité. Que je me suis délibérément éloigné de Jo, par peur de ce que je pourrais ressentir pour elle. Je lance la télécommande qui termine sont voyage contre le mur. Certains sursautent. Pourtant, je ne leur accorde pas un regard. Je me relève et me dirige vers la porte, mais l’un d’eux m’interpelle. « Kaidan… Il se pourrait qu’elle soit toujours un peu… en colère… après toi ». Je souffle longuement puis me retourne, un faux sourire collé aux lèvres. « Et bien, comme il s’agit d’une supposition, il faut aller vérifier ». Je ne sais pas quel est le déclencheur aujourd’hui. Le temps, l’alcool, la rediffusion des Jeux. Lara et moi. Neo et Enyo. Des histoires d’amour écourtées par la mort. Je ne sais pas si j’aime Jo. Je n’ai pas envie de le savoir. Mais je tiens à elle. Et quand on tient à quelqu’un, on veut qu’il soit en bonne santé. Qu’il soit heureux. Epanoui. Je suis devant chez elle en trente secondes à peine. Je prends une grande inspiration. Elle ne m’a pas pardonné, je le sais. Parce que ce que j’ai fait, l’ignorer pendant une année entière, est impardonnable. Mes doigts tapent doucement contre le bois de sa porte. J’attends quelques secondes, mais personne ne m’ouvre. Mon cœur bat plus fort. Je frappe de nouveau, trois petits coups. Mais toujours rien. Pour tout dire, je suis presque soulagé. Comme si, au final, ça m’arrangeait de ne pas être confronté à elle. Alors, je tourne les talons et m’apprête à partir, mais j’entends le loquet se déverrouiller. J’ai du mal à lui faire face, mais lorsque la porte s’ouvre, je me retourne quand même. Elle est là. Elle n’a pas l’air d’aller trop mal, si on passe outre les cernes et le teint blafard. « Tu viens un peu tard, non ? ». Elle m’en veut, oui, c’est évident. Elle a raison. Mais j’aurais aimé qu’elle comprenne aussi mon point de vue. Mon appréhension. Mon sentiment, parce qu’elle a failli mourir quand elle était là-dedans, et que ça me tuait littéralement. Mais ça ne veut pas dire que je suis sûr de ce que je ressens. Elle était morte. J’ai eu peur. J’ai eu peur de la perdre de nouveau. J’ai eu peur du regard des gens. J’ai eu peur d’être avec quelqu’un d’aussi brisé que moi. Alors elle peut m’en vouloir, mais elle peut également se mettre à ma place. Je fronce les sourcils. « Je vois que tu vas bien, je ne vais pas te déranger plus longtemps ». Je m’apprête à partir, mais elle murmure mon prénom. Je la regarde fixement, comme je le faisais lorsque je lui disais de faire attention à elle, de rentrer vivante. Je serre les dents, surtout pour que mes lèvres ne tremblent pas. Je ne sais pas quoi lui dire. Qu’elle m’a manqué ? Que je suis désolé ? Je pense que nous avons tous les deux notre part de responsabilité dans l’histoire. Alors, je me tais. Elle aussi. Nous restons quelques secondes à nous regarder, sans doute parce que nous avons presque l’impression d’être des étrangers, désormais.
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MessageSujet: Re: i just came to say hello. ∫ ft. Jo   Dim 28 Avr - 19:20


« I belong with you, you belong with me, you're my sweetheart »

Les jours passent et se ressemblent tous. La maison dans laquelle je vis désormais est une prison dorée. Je le savais. Je savais que gagner ces Jeux aurait des conséquences plus que néfastes. Désastreuses. Comme tous les vainqueurs avant moi, ma santé a été gravement atteinte dès mon retour au 4. Je suis incapable de me remettre ce qui nous est arrivé. Il faut dire que tuer une personne de sang froid est un acte marquant. Chaque nuit je suis hantée par le visage de celle que j'ai éliminé par vengeance. Au début, je me consolais en me rappelant que cette dernière avait massacré mon coéquipier, un gamin, sans avoir le moindre remord. Puis avec le temps, mes pensées ont fini par changer. Elle était, elle aussi, morte par ma faute. Mais aussi parce que se faire massacrer était un simple amusement pour le Capitole. Certains avaient envie de se rebeller. Mais à quoi bon ? Le peuple avait perdu deux fois par le passé. Le gouvernement est trop fort. Mais peu importe. Assise à une chaise et regardant par la fenêtre, je parlais toute seule, depuis environ deux heures. Je pouvais parfois entendre mon frère entrer dans la chambre et soupirer. Cette situation le rendait fou. Nous étions très proches autrefois et me voir sombrer de jour en jour était insupportable pour lui. Il aurait aimé que je me batte. Il aurait voulu que je garde la tête haute. Faible fille. Pauvre idiote. Mais ainsi va la vie. Parfois, je me sentais aller un peu mieux, surtout lorsque je passais du temps avec Neo, et également avec Myrcella. Cette dernière avait le don de me faire réagir. Je ne voulais absolument pas terminer comme elle. Seule, alcoolique et si brisée. Alors, je faisais des efforts. Mais ça ne durait jamais bien longtemps. Mes peurs finissaient par reprendre le dessus. Mais si Kaidan avait été présent dans cette épreuve, je sais que les choses auraient été différentes. Attention, je ne dis pas que tout cela est sa faute, mais que le jeune homme aurait pu se montrer un peu plus courageux. Rien que cette fois. Il avait pourtant vécu et tué dans une arène. Mais quand une fille comptait sur lui, il partait en courant. Etrange. Les êtres humains avaient parfois de drôles de réactions que je ne comprenais pas toujours. Mais avais-je envie de comprendre ?

Alors que je suis perdue dans mes pensées, on frappe quelques coups à la porte. Je me retourne, comme si je pouvais voir qui venait en cette seconde, nous déranger. Aucun bruit dans la maison. Je déglutis. « Maman ? ». Pas de réponse. Elle est sans doute sortie. Elle passe de moins en moins de temps ici. Voir sa fille changer à ce point lui fait du mal. Elle a presque peur de moi. Je le sais. Je le vois. « Bacchus ? ». Lui aussi, absent. Je soupire. Je me lève doucement et sors de ma chambre. Je me dirige vers la porte et déverrouille le loquet. Depuis le temps, la personne sera partie. Mais lorsque Kaidan se retrouve face à moi, après de longs mois sans nous être adressés la parole, je suis presque en état de choc. Heureusement, les réactions bizarres sont devenues mon fort. Je le fixe un long moment avant de trouver quelque chose à dire. « Tu viens un peu tard, non ? ». Il comprend à cet instant que je lui en veux. Vraiment. Pourtant je pense avoir essayé de me mettre à sa place plusieurs fois. Mais je ne peux pas comprendre. Non. Je ne peux pas comprendre pourquoi il est parti. Alors je me suis dis que finalement Kaidan avait menti. Il avait parié sur mon retour, uniquement pour me motiver. Mais y avait-il vraiment cru ? Sans doute pas. Et lorsque mon nom avait été annoncé vainqueur, il avait paniqué. Tout simplement. Je soupire, alors que le jeune homme cherche ses mots. Il ne semble pas voir à quel point je suis brisée. « Je vois que tu vas bien, je ne vais pas te déranger plus longtemps ». Il se fiche de moi. Je ne vois pas d'autre explication. Pourquoi avoir fait le chemin pour me dire une telle chose ? Je serre le point. Il est sur le point de partir mais je murmure son nom. Il me regarde étonné. Idiote. Moi qui pensais parler dans ma barbe. Je relève les yeux vers lui. Je me rappelle encore de ces heures où nous parlions des Jeux. Lorsque nous échangions des techniques de survie. Nous avons parcouru tellement de chemin depuis. Je déglutis. Je ne sais pas quoi ajouter. Je ne veux pas que Kaidan me vois si faible, alors que je sens que les larmes me montent aux yeux. Je suis devenue une autre. La gentille et forte Jo que mon ancien mentor a connu est partie. Elle a été détruite par la barbarie des Hunger Games. Faible. Pleurnicharde. Voilà ce que je suis. Je fais quelques pas en arrière. « Tu comptes rester sur le pas de la porte ? ». Kaidan fronce les sourcils mais finit par me suivre dans la maison. Nous nous dirigeons vers le salon et je lui propose un verre. Il refuse poliment. Puis le silence retombe. Mes mains tremblent et mes jambes manquent de céder. Mais je dois rester forte. Pour ne pas inquiéter mon ancien mentor. Je ne veux pas que ce dernier ait pitié de moi. « Alors ? ». Je le regarde droit dans les yeux. Je me fiche de savoir comment il va. Je me fiche de savoir ce qu'il a fait de sa vie pendant ces longs moi. Je veux juste comprendre pourquoi. Pourquoi maintenant. « Et sois bref », dis-je. Il semble un peu décontenancé. « Je veux dire que … Je suis assez occupée donc … ». Mensonges. Je ne sais plus faire. Je me trouve tellement pathétique. Kaidan doit penser exactement la même chose. Mais tant pis. Je me fiche de savoir ce que pense le jeune homme. Car je sais que lorsque nous aurons échangé quelques mots, il me faudra attendre encore des mois avant de le voir. Je ne peux plus compter sur lui.
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MessageSujet: Re: i just came to say hello. ∫ ft. Jo   Dim 28 Avr - 20:18


« if you love me, you'll forgive me »

Détruite. Elle est détruite, et tout est de ma faute. Enfin, pas tout, non. L'arène est, plus ou moins, la principale responsable. Il est certain que si elle avait continué à batifoler dans les étangs avec ses voisins, elle serait beaucoup plus saine d’esprit. Mais j’ai contribué à la pérennisation de cette folie, et j’en suis conscient. Et désormais, je ne sais pas quelle est la bonne manière de m’y prendre. Tout ce que je sais, c’est qu’elle ne souhaite pas me voir. Qu’elle préfèrerait que je reste chez moi. Mais ça serait trop facile. Elle aussi, elle doit se confronter à la réalité. Elle aussi, elle doit s’habituer à ma présence. Me connaître de nouveau. Elle pourrait même se rendre compte que, de nous deux, je suis indubitablement le plus fou. Lorsqu’elle m’invite à entrer, je ne sais pas si elle plaisante ou non. Mais elle s’écarte pour me laisser passer, alors, ça doit vraiment être un geste cordial de sa part. Je fronce les sourcils et pénètre dans la maison. Plusieurs rideaux sont tirés. Tout est en ordre, presque trop. Pas comme chez moi, en somme. Mais moi, je vis, après tout. J’ai passé l’étape du traumatisme pur. Maintenant, je suis un aliéné qui s’assume, et qui fait son train-train quotidien comme n’importe quel individu lambda. Je ne m’assieds pas. Et je décline poliment lorsqu’elle me demande si je souhaite boire quelque chose. J’ai assez bu, et elle a probablement dû sentir mon haleine. Je me demande alors l’espace d’un instant si sa question est ironique, mais je ne veux pas en rajouter. Non, vraiment. Elle ne se rappelle sûrement plus du Kaidan sarcastique qui l’encadrait avant qu’elle soit envoyée dans l’arène. Elle ne se souvient sûrement pas de mon détachement, de ma désinvolture. Sans doute parce que je les feignais, la plupart du temps. J’avais réellement envie qu’elle rentre. C’était important. Mais ça, pour un mentor au cœur de pierre, c’est difficile à avouer.
Je n’ai pas envie de m’attarder trop ici, cet endroit me met terriblement mal à l’aise. En fait, je compte bien inviter Jo à venir chez moi, même si je sais que c’est une très mauvaise idée. J’ai peur de sa réaction si elle voit le comité d’accueil. Tout compte fait, je raye cette intention de mon esprit. Restons dans la maison flippante.
« Alors ? », me lance-t-elle. Je m’apprête à répliquer « alors quoi ? », mais je n’ai pas vraiment envie qu’elle me saute à la gorge. Avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, elle reprend la parole. « Et sois bref ». Je lève un sourcil, étonné par ces paroles. Elle poursuit, tentant de se raccrocher aux branches. « Je veux dire que… Je suis assez occupée donc… ». Je la regarde dans les yeux, laissant apparaître un sourire moqueur sur mes lèvres. « Et bien dis à Neo de repasser un autre jour. Ou si tu veux, je lui passe le message ». J’ai bu. Je sais pertinemment que je ne devrais pas dire ça, mais ça me brûle les lèvres. J’en souffre, l’air de rien. Je souffre de ne pas l’avoir vue pendant des mois, je souffre qu’elle reste avec quelqu’un d’autre. Qu’elle m’ait remplacé, alors qu’elle avait tout à fait le droit de le faire. « Je voulais voir si tu allais mieux ». Mon sourire a disparu. Je déglutis. C’est pourtant évident. Je ne sais pas pourquoi elle me le demande. Comme si j’allais lui répondre que j’avais envie de faire une petite belote, mais que Myrcella était occupée à tricoter. Stupide. Je regarde autour de nous. Je n’ose pas imaginer le nombre de pleurs qu’ont connus ces murs. Le nombre de fois où ils ont épongé ses larmes. Et tous les cris qui ont dû les transpercer. J’ai été comme Jo, exactement comme Jo, il y a dix ans. Je ne voudrais revivre ça pour rien au monde. Surtout parce que moi, contrairement à elle, je n’avais personne vers qui me tourner. Je n’avais que mon mentor, et encore, elle était déjà tellement détruite qu’il était difficile de lui demander de l’aide. Elle avait bien assez à faire avec sa propre situation.

Je m’assieds finalement sur le canapé. Jo scrute le moindre de mes mouvements, je le sais. Pas parce qu’elle m’aime, pas parce qu’elle m’admire. C’était peut-être le cas à une époque, mais j’avais tout foutu en l’air. Inutile d’en parler davantage. Plutôt parce qu’elle a peur de mes réactions. Mais je suis fou ; pas imprévisible. Je ne lui ferais jamais de mal. Pas à elle. Elle ne m’a rien fait de mal. Elle m’a embrassé. Et j’ai été déboussolé. C’est tout ce que je pourrais lui reprocher. Je lève les yeux, cherchant mes mots avec précaution. Et puis, je finis par lui dire, doucement. « Ce que je voulais, c’était te ramener vivante ». Elle me regarde, froide, distante. « Je sais que tu aimerais que je te dise pourquoi, comme tu voudrais que je t’explique ces mois de silence. Mais en vérité, je n’en ai aucune idée ». Et c’est vrai. Je ne sais pas, ou plutôt, je n’ai pas envie de comprendre pourquoi Jo occupe toutes mes pensées. Pourquoi j’ai voulu qu’elle survive, elle plutôt que lui. Pourquoi je l’ai regardée comme un homme regarde une femme qu’il désire, juste avant les interviews. Je secoue la tête. Je m’embrouille. Je ne sais pas quoi lui dire. Je ne sais pas pourquoi je suis venu. Plus encore, je n’aurais jamais dû venir. Je me lève et me dirige vers la porte. Comme d’habitude, je fuis. Parce que je suis un lâche, qui n’assumera jamais ses responsabilités ni ses sentiments. Mais pour tous mes instants de courage, je ne sais pas si on peut me reprocher de me débiner lorsque c’est trop dur, lorsque j’ai du mal à tenir. Si Jo ne m’aide pas, je ne pourrai pas lui répondre. Je ne pourrai pas reconstruire ce que j’ai brisé. Parce que je suis cynique, désinvolte, jaloux. Parce que je me donne des faux-airs, mais que je reste persuadé qu’elle sait qui je suis vraiment. Qui je peux parfois être. Quelqu’un de sensible, de sentimental, même. Quelqu’un qui ne voulait pas la laisser seule, et qui aimerait remonter le temps, en sachant pertinemment qu’il n’aurait - une nouvelle fois - pas le courage d’assumer, même en connaissant les conséquences de son abandon.
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MessageSujet: Re: i just came to say hello. ∫ ft. Jo   Mar 30 Avr - 22:59


« I belong with you, you belong with me, you're my sweetheart »

Cette fois, il avait compris. Il savait ce que je ressentais vraiment. De par mon attitude pour commencer mais également par mes mots blessants. Il faut dire que pour une fois, je ne voulais pas être tendre. Je me fichais de faire bonne impression. Je me fichais de le revoir, alors que j'avais passé ces derniers mois loin de lui. Hum quoi que. Je ne savais pas vraiment ce que je voulais en réalité. Indécise. Perdue. Et surtout changée à jamais. Mais ça, il avait deviné. Dans un premier temps, je voulais que Kaidan se sente responsable. Il avait cessé de croire en moi après tout. Il était parti au moment où j'avais le plus besoin de lui. Puis quelque part je souhaitais aussi que le jeune homme me vienne en secours. Même si je jugeais que sa compagnie était la plus mauvaise en ce moment - poussée par la colère que je pouvais ressentir à son égard - il était celui que je voulais près de moi. Il en avait été ainsi dès les premiers jours. Sans doute parce que Kaidan avait été le dernier homme que je pensais voir à jamais. Mais le plus beau également. Bref, mes pensées se perdaient quelque part où la vie semblait agréable, belle, où nous étions ensemble, et absolument pas en conflit. Un monde si différent de celui-ci. Parfois, je me voyais traversant simplement la rue, plaçant derrière nous toutes ces histoires de lâcheté. Je me voyais frapper à la porte de Kaidan. Puis, il souriait en ouvrant et tout était comme avant. A cette époque où échanger quelques mots ne prenait pas de proportions immenses. Lorsque je pensais être condamnée, lorsque je voulais profiter de la vie. Comme le temps avait changé. Comme nous avions changé. Durcis par les épreuves. Traumatisés par les Jeux. Eloignés pour des idioties. Kaidan me manquait. Et ça me tuait de le dire. Il me manquait tellement. Mais je ne voulais surtout pas que le jeune homme le sache. Je voulais garder ces sentiments en moi.

Mon ancien mentor semblait terriblement mal ici. Il ne cessait de regarder la pièce dans laquelle nous nous trouvions, comme si un piège pouvait surgir à tout moment. Ahah, une habitude qui ne nous quitterait jamais. Celle des Hunger Games, qui nous avait appris à ne jamais baisser sa garde. Mais cette pression quotidienne était plus ou moins derrière nous désormais. Enfin. Il fallait espérer.

Alors que je me cherche des excuses, je peux apercevoir le petit sourire de Kaidan. Je voudrais pouvoir le gifler, en cette seconde précise. Je le méprise. Et encore plus lorsque le jeune homme parle. « Et bien dis à Neo de repasser un autre jour. Ou si tu veux, je lui passe le message ». Il a bu. Je le sais. Je le vois. Il a ce regard. Il a cette attitude. Je ne comprends pas ce que Kaidan cherche à prouver. Sans doute que je me suis trompée. Il tient à moi. Ou alors, il fait semblant. Oui, fort possible. Je ne répondrais pas. « Je voulais savoir si tu allais mieux ». Ah si. Il le faut. Je hausse les épaules, affichant un sourire qui ferait presque peur. Comme si je pouvais aller bien. Vraiment … N'a-t-il rien trouvé de mieux que cela ? Apparemment non. Mais son sourire a disparu. Fini les plaisanteries. Il est sérieux. Il est vraiment inquiet. Il a juste quelques mois de retard. Il observe une fois de plus la maison. Comme si elle renfermait des secrets bien gardés. Je finis par baisser les yeux. « Tu ferais bien de rentrer chez toi ». Mais il ne bouge pas. Je soupire. Je ne vois pas quoi ajouter de plus. Il ne trouvera rien ici. Pas de réponse à ses questions. Parce que je resterai muette. Je ne sais pas ce qui se passerait si je lui disais tout ce que je pense. Parce que pour le moment, cette colère me permet de garder la tête haute. Mais si tout disparaissait ? Je ne veux pas y penser.

Après quelques hésitations, Kaidan rejoint le canapé. Je le suis du regard. Parce que je ne veux pas être décontenancée par ses réactions. Je veux me maîtriser, pour une fois. Tout ça me fait peur. Lui et moi. Notre discussion. Nos retrouvailles. Je les aies imaginées des centaines de fois. Et tout est différent en fin de compte. Et puis, il ouvre la bouche. « Ce que je voulais, c'était te ramener vivante ». Mon coeur a un raté. Je lève les yeux vers lui mais je reste froide. Je ne veux pas ; je ne dois pas craquer. « Je sais que tu aimerais que je te dise pourquoi, comme tu voudrais que je t'explique ces mois de silence. Mais en vérité, je n'en ai aucune idée ». Je pense le savoir pourtant. Je mets encore un peu de distance entre nous et déglutis. Encore des mensonges. Encore des excuses. Je secoue la tête négativement. « Arrête Kaidan ». Je recule. Un pas, deux pas. Je pose mes mains sur mes oreilles et me baisse. Accroupie. Basculant légèrement. Je pince les lèvres. Je sais que mon ancien mentor sera quelque peu gêné par cette scène. Mais peut-être décidera-t-il de partir alors. Je ne pourrais espérer meilleure décision. Mais il reste là. Il ne bouge pas. « Rentre chez toi. Par pitié ». Je ne peux pas. Je ne peux plus. Je ne suis pas aussi forte que par le passé. Je ne suis plus cette fille qui courait pour sauver sa vie. Je suis prête à me sacrifier maintenant. Prête à me livrer. Et je sais que ça me tue. Je voudrais retrouver mon ancienne personnalité. Ma force. Mon intelligence. Je fais pitié. Sans doute pour cela que je ne veux pas rester en compagnie de Kaidan plus longtemps. Je vais finir par craquer et il sera impossible de faire marche arrière. Je pense être effrayée en fait. Parce que la prochaine fois, si le jeune homme part, il ne reviendra pas sur sa décision. Et je souffrirai une fois encore. De son absence.
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MessageSujet: Re: i just came to say hello. ∫ ft. Jo   Mer 1 Mai - 8:21


« if you love me, you'll forgive me »

La première fois qu’elle me demande de partir, je ne réagis pas. Sûrement parce que je sais, au fond de moi, qu’elle n’en pense pas un mot. Elle ne veut pas que je m’en aille, parce que si je le fais, elle se retrouvera seule, une fois encore. Je suis déjà à quelques pas de la porte lorsqu’elle me redemande de partir et qu’elle s’accroupit, les mains sur les oreilles. Et là, mon cœur se brise en morceaux. Je ne pensais pas que la situation était aussi grave. Les cauchemars, j’en étais persuadé, parce que c’est ce qui m’est arrivé. Et puis, la paranoïa, le renfermement sur soi-même, je pensais aussi qu’elle avait vécu ça. Mais je ne me doutais pas que ça allait si loin. Jo était réellement une coquille vide. Pas celle que j’évoquais lorsque je parlais de moi-même. Pas la personne qui, en réalité, était toujours là, quelque part. Jo, elle, a disparu. Elle n’est plus la même personne. Elle n’est plus celle que j’ai voulu ramener de l’enfer, celle qui se battait pour sa vie. Elle est morte. Et j’en souffre terriblement, bien plus que je n’aurais pu l’imaginer. Rien de tel que ce genre d’électrochoc pour vous faire réaliser à quel point vous tenez à quelqu’un, n’est-ce pas ? Je fais demi-tour et reviens vers elle, alors qu’elle me supplie de rentrer chez moi. Je ne sais pas vraiment quoi faire. J’ignore comment elle peut réagir. Après tout, elle est si différente de la jeune fille que j’ai aimée. J’hésite un instant, comme si je pesais le pour et le contre d’une telle décision. Veut-elle réellement que je parte ? Je ne pense pas. C’est le fait de me revoir qui provoque une telle réaction. Le fait que j’évoque les Jeux. Mais elle ne pourra pas s’en cacher éternellement. Je sais que je pourrais vraiment la faire réagir, d’une seule manière : en quittant définitivement cette maison, pour ne jamais y revenir. Parce que si l’ancienne Jo est encore présente – ce que j’espère au fond de moi –, elle ne supportera pas de me perdre une seconde fois. Mais je ne sais pas si c’est ce dont elle a besoin maintenant. Elle semble tellement fragile, déboussolée. Irrécupérable.

Je sais ce que je dois faire. À grands pas, je me dirige vers ses fenêtres et ouvre les rideaux d’un geste vif. Le soleil inonde bientôt le séjour. Je regarde Jo, qui se pince les lèvres et a désormais fermé les yeux. Ses paupières sont tellement plissées que je devine des larmes dissimulées derrière. Je scrute l’environnement autour de moi, et attrape la télécommande. Je sais, avant d’agir, que c’est une idée terrible. Une idée que je vais sans doute regretter. Mais tant pis. Elle pourra me tape, me gifler, je m’en contrefous. Je veux simplement qu’elle revienne. J’allume la télévision sur la chaîne du Capitole, et le marathon des Jeux. À l’écran, les images des interviews des tributs de cette année apparaissent. C’est au tour du district trois. Je regarde Jo. Elle a ouvert les yeux, et regarde la télévision en fronçant les sourcils. Ses pupilles sont dilatées. C’est probablement le changement de luminosité qui veut ça. Je m’approche d’elle et m’accroupis à ses côtés. Elle va avoir envie de me tuer. Mais je m’en fous. Je sais me défendre. Si jamais elle en vient aux mains, je l’empêcherai de me faire du mal, quitte à la blesser. Je saisis doucement ses mains. Elle les retient contre ses oreilles pendant un instant, puis progressivement, elle lâche prise. Je les serre dans les miennes. « Regarde la télé, Jo ». Elle secoue la tête et détourne les yeux. Je déglutis, décontenancé. Je me tourne vers l’écran. Elle apparaît soudain, magnifique, souriante, épanouie. Elle avait peur, à ce moment-là, mais ça ne se voyait pas. Je jette un œil à Jo. Elle a toujours la tête baissée, dans un refus délibéré de se voir à cette époque où elle était encore elle-même. « Puisque tu ne veux pas regarder, je vais te décrire ce que je vois ». Elle serre la mâchoire, et j’hésite à la prendre contre moi, mais je reporte mon attention sur les images. « Cette fille est belle. Elle a du courage, de l’assurance. Du charme ». Je souris en prononçant ces mots, parce que je les pense, sincèrement. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un comme elle. Il aura fallu que je la perde pour que je m’en rende compte. « Pas mon courage mais celui de Kaidan, mon mentor. Il croit en moi - enfin en nous - après tous ces échecs. Alors si je gagne, ma victoire sera pour lui, pour le remercier ». Je me tourne vers Jo lorsque son autre elle prononce ces mots. C’était l’époque où elle croyait en moi. Où elle était amoureuse de moi, déjà. « Elle ne savait pas, à cette époque, qu’elle allait gagner. Mais c’est une possibilité qu’elle n’excluait pas. J’admirais ça. J’admirais sa force ». Mais Jo secoue la tête, machinalement, comme si elle refusait d’entendre. Comme si elle ne voulait pas se revoir heureuse. Je lâche ses mains et me relève. Sans un mot, j’éteins la télévision et marche en direction de la porte. « Dommage que cette fille soit morte ». C’est une très mauvaise façon de la remettre sur pieds, j’en suis conscient. Mais je suis comme ça, elle le sait. Elle me connaît. Contrairement à elle, je n’ai pas changé. J’ai toujours été du genre à bousculer les gens pour leur faire ouvrir les yeux. À leur montrer ce qu’ils sont devenus pour leur faire prendre conscience de ce qu’ils ont perdu. Mais je sais que ça ne marchera peut-être pas avec Jo. L’espace d’une seconde, je suis tenté de faire demi-tour, de la serrer contre moi et de l’embrasser à pleine bouche. De lui dire que je l’aime. Parce que je pense que c’est la seule manière de la faire revenir. Mais j’exclus cette idée. Même si elle ne me repoussait pas, trop de choses nous séparent à présent. Je ne veux pas dire que je suis sain d’esprit, et elle non. Il est évident que nous sommes tous les deux fous. Mais je ne suis pas certain que la meilleure chose pour elle soit de vivre avec le seul homme ici – à part Neo, mais je ne peux pas les imaginer ensemble – qui partage cette affreuse expérience avec elle. Pour son bien, il faut que je m’en aille. Que je parte, et que je ne revienne pas. C’est sans doute la seule chose censée qu’elle m’ait dite depuis nos retrouvailles.
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MessageSujet: Re: i just came to say hello. ∫ ft. Jo   Mer 1 Mai - 19:22


« I belong with you, you belong with me, you're my sweetheart »

La nette impression de me trouver ailleurs. Loin de mon district. Loin des personnes qui me sont chères. Et pourtant je suis bien sur le sol de ma propre maison ; maison obtenue grâce à ma victoire sur les derniers Hunger Games. Je me demande souvent ce que ma vie aurait été si je n'avais pas été choisie. Je serai sans doute encore dans cette petite bâtisse trop limite pour quatre, à me demander si la nourriture se trouverait dans mon assiette le lendemain. Et tout a basculé. En quelques minutes seulement. Il a suffit que mon nom soit pioché pour que ma vie entière soit changée. Il a fallu que je connaisse la barbarie, la tristesse, la colère et la fin. Souvent, je pense que mourir aurait été la meilleure solution. Mon district se serait souvenu de moi comme de la fille qui était partie, ma famille aurait pleuré ma perte quelques temps puis, deux autres enfants seraient partis, faisant oublier les moments de douleurs. Mais je me trouvais ici, bien vivante, ou presque. A ce stade, on ne pouvait pas vraiment affirmer que je profitais de cette victoire, que mon existence était douce et paisible. Car tous ceux qui connaissent les Jeux ne peuvent se remettre. Jamais. Après tout ce que nous voyons, nous entendons dans les arènes, il est impossible de faire marche arrière. Et voilà ce qui me manque le plus en fin de compte, mon innocence, ne pas être au courant des barbaries du Capitole. Parce que continuer à vivre est une épreuve, une torture même, alors que nous ne pouvons pas nous battre. Fous sont ceux qui pensent pouvoir encore triompher du gouvernement. Non, se rebeller apporterait la mort dans les districts à nouveau. Alors mieux vaut rester caché quelque part, se faire tout petit, et attendre la mort. Des jours et des jours, des années et des années. Mais je serai libre, le jour où la grande faucheuse me prendra. Libre. Kaidan peut lire tout cela dans mes yeux. Il sait que je ne suis plus la même. Et je dois être honnête, le voir me regarder ainsi me fait du mal. Il n'aurait jamais pu imaginer en réalité. Il voit bien que la situation est pire que ce que le jeune homme aurait pu imaginer. Je lui fais pitié. Et encore, le mot est faible. Il se demande sans aucun doute où est passée la fille des Jeux, celle qui posait des questions et se battait pour les autres. Elle a disparu. Elle est partie. Et il est responsable quelque part. Sans son soutient, je me suis enfoncée. J'ai malheureusement sombré. Et je suis bien incapable de me relever maintenant.

Je peux entendre Kaidan se déplacer, il se dirige vers les fenêtres. Il tire les rideaux ; je grimace. Voici des semaines que le soleil ne remplit pas la pièce. Voici des jours que je reste plongée dans le noir. Je me sens tellement mal sinon. Je plisse les yeux davantage, laissant même des larmes se former au coin de mes yeux. A quoi pense-t-il ? Il ne pourra pas réparer ses erreurs aussi facilement. Il ne lui suffit pas de me secouer pour me voir prendre conscience que ma vie est un désastre. Je le sais déjà mais je ne veux rien faire pour changer ça. Je me complais dans mon malheur. Il allume la télévision et monte le son. Je reconnais immédiatement la chaîne. Si je le pouvais, je me précipiterai sur lui pour le faire cesser. Il me torture. Il me fait du mal. Il n'a pourtant aucun droit. Il a perdu sa place si particulière en me laissant tomber. Je finis par ouvrir les yeux, impuissante. Je sens que Kaidan me fixe. Puis il franchit les quelques mètres qui nous séparent et se place en face de moi. Il saisit mes mains, qui restent plaquées sur mes oreilles. Je ne veux pas entendre. Je ne veux pas affronter la réalité. Mais je lâche finalement prise. Je ne peux pas me battre plus longtemps ; il semble ne pas vouloir abandonner de toute façon. Il me demande de regarder la télévision. Je refuse. Je secoue la tête. Il ne peut pas me forcer. Il ne peut pas me faire souffrir, il prend de gros risques à agir ainsi. Je le maudis. « Puisque tu ne veux pas regarder, je vais te décrire ce que je vois ». Je voudrais ajouter que c'est bien inutile. Je connais mes images par coeur. Je connais mes discours, mes belles paroles, tout ce que j'ai pu dire alors que je ne savais pas. Cette fille est morte. Il ne pourra pas la ramener. Je serre la mâchoire. « Cette fille est belle. Elle a du courage, de l'assurance. Du charme ». Ce qui me laisse entendre que je ne suis plus à la hauteur. Je suis hideuse, lâche et en manque de confiance. Pas besoin de remuer le couteau dans la plaie. Je peux entendre mon discours, lors de mon interview. Le passage où je dis à tout Panem que je me battrais pour que mon mentor soit fier de moi, que je lui dédie ma victoire, si jamais je reviens. Les choses auraient pu se passer de cette façon. Mais Kaidan est parti. Il ne pouvait pas supporter la suite. Alors à quoi bon faire tout cela maintenant ? « Elle ne savait pas, à cette époque, qu'elle allait gagner. Mais c'est une possibilité qu'elle n'excluait pas. J'admirais ça. J'admirais sa force ». Je secoue la tête. « Tais-toi … ». Je ne peux en supporter plus. Vraiment. Il joue avec le feu. Il finis par lâcher mes mains et se relève. A cet instant, je pense que tout est fini. Il va me laisser tranquille. Il éteint la télévision et fait quelques pas. « Dommage que cette fille soit morte ». Je relève la tête dans sa direction et ma voix se fait plus forte. « Tais-toi ! ». Il ne bouge pas. Il est prêt à partir. Je finis par me relever à mon tour. « A quoi bon venir ici après des mois loin de moi ? Pour me dire tout ça en plus ? Pour qui te prends-tu à la fin ? ». Je fais les cents pas dans la pièce, à murmurer des phrases incompréhensibles. Puis, je pointe un doigt accusateur dans sa direction. « Tu as cessé de croire en moi ! Tu es parti alors que je comptais sur toi ! Si cette fille est morte, c'est aussi parce que tu l'as laissé seule ! ». Je reste immobile. Je serre les points. Je voudrais pouvoir hurler mais je me retiens. Je suis en colère contre Kaidan. Je ne comprends pas son geste. Je sais que le jeune homme fait ça pour mon bien, en espérant que je change, ou alors que je comprenne que je dois changer. Mais il ne peut pas. Il ne sait pas par où je suis passée. Il ne sait rien de moi. « Tu arrives trop tard, et tu penses que tes mots me feront réagir, mais tu rêves, Kaidan. Je suis brisée, je suis foutue, et tu veux faire quelque chose parce que tu as pitié de moi, parce que tu te crois responsable. Inutile ». Je le regarde. Il est soudain pâle, comme si mes mots le touchaient. Et je pense que c'est le cas. Mais je me fiche de savoir si ça lui fait mal. Je me fiche de savoir si mes phrases le font souffrir. A chacun sa peine. Il a brisé mon coeur, à moi de briser le sien.
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MessageSujet: Re: i just came to say hello. ∫ ft. Jo   Mer 1 Mai - 20:48


« if you love me, you'll forgive me »

Je repense parfois à ce temps où nous nous entendions bien. À ce temps où je veillais sur elle. Où je la serrais dans mes bras, où je prenais sa main, où j’embrassais délicatement sa joue pour lui dire bonjour. Ce temps n’existe plus, et n’existera plus jamais. Mais lorsque je l’entends parler, je ne peux m’empêcher de pâlir de colère. Elle ne sait pas. Elle ne sait rien. Elle ose m’accuser de tout ce qui a pu nous arriver, sans une seule fois se remettre en question. Ce que j’aimais également chez l’ancienne Jo, c’était sa faculté à ne jamais rien prendre pour acquis. La nouvelle pense que tout lui est dû, et ça m’est insupportable. Je savais qu’elle le prendrait mal. Je le savais pertinemment. Mais je ne m’attendais pas à une telle explosion de reproches. Le point positif, c’est qu’elle parle, maintenant. Mais j’ai bien peur de perdre mon calme face à une telle fougue. Or, elle n’a jamais connu le Kaidan énervé. Celui qui a tué un tribut. Celui qui a battu quelqu’un à mort. Je ne ferais jamais de mal à Jo, c’est une certitude. Mais elle ferait mieux de ne pas sous-estimer l’impact que peut avoir ma fureur. Je commence par lui répondre calmement, lorsqu’elle m’interroge. « A quoi bon venir ici après des mois loin de moi ? Pour me dire tout ça en plus ? Pour qui te prends-tu à la fin ? ». Je secoue la tête. « Je te l’ai dit, je voulais voir si tu allais bien ». J’articule chaque syllabe, comme pour être sûr qu’elle saisisse bien le message. Mais elle ne gobe plus ça, à présent. Alors, elle attaque, de plus belle. Elle pointe désormais un doigt accusateur dans ma direction. « Tu as cessé de croire en moi ! Tu es parti alors que je comptais sur toi ! Si cette fille est morte, c'est aussi parce que tu l'as laissé seule ! ». C’est injuste. Elle est injuste. Elle ne s’en rend même pas compte. Pourquoi ne voit-elle qu’un seul côté du problème ? Pourquoi n’essaie-t-elle pas d’aller plus loin dans son raisonnement ? Je la rejoins en quelques pas et saisis violemment ses poignets. J’arrive à me contenir, mais je suis fou de rage. Pour quelqu’un d’autre que Jo, je me serais déjà déchaîné. Mais pas pour elle, non, pas pour elle. Il ne faut pas que je la blesse, d’une quelconque manière. Pourtant, comment lui ouvrir les yeux autrement qu’en la blessant ? Je parle plus fort, prenant sur moi pour ne pas crier. « J’ai eu peur. Je… Je ne suis pas parti ! ». Jo essaie de se débattre, mais je la retiens, autant que possible. Elle crie presque désormais, et des larmes de rage apparaissent au coin de ses yeux. Elle force de plus en plus, pour me faire lâcher ses poignets. Mais je tiens. Je suis plutôt fort, pas de chance pour elle. « Tu arrives trop tard, et tu penses que tes mots me feront réagir, mais tu rêves, Kaidan. Je suis brisée, je suis foutue, et tu veux faire quelque chose parce que tu as pitié de moi, parce que tu te crois responsable. Inutile ».

Je pâlis et la lâche soudain. « Je n’ai pas pitié de toi. Je ne me crois pas responsable ». À son tour, elle se calme pour de bon et me regarde, comme si je venais de lui dire quelque chose d’inattendu. Je recule et la regarde fixement, dans les yeux. « Je peux parler ? ». J’ai l’impression qu’elle n’ose plus s’exprimer, du moins de manière aussi véhémente, à présent. Comme si elle souhaitait enfin m’écouter. Comme si mes mots prenaient de l’importance. « J’ai appris à te connaître, en devenant ton mentor. Je me suis attaché à toi, et pas de la même manière qu’auparavant, avec mes autres tributs ». Mon cœur accélère lorsque je prononce ces mots, lorsque j’identifie ces sentiments que je n’avais pas pu nommer jusqu’à présent. Je sais que c’est trop tard. Que je ne peux plus me défendre, parce que rien de ce que je pourrai dire ne lui conviendra. Elle ne veut pas m’écouter. Elle ne veut pas accepter mes paroles. J’ai l’impression de m’adresser à un mur. « J’en serais mort, si tu n’étais pas revenue. Mais je ne savais pas pourquoi je ressentais ça. Et puis, tu m’as embrassé. Et j’ai eu peur ». Avant qu’elle ne me réponde, parce que je sais parfaitement ce qu’elle va me dire, je poursuis. « J’ai eu peur parce que ce n’était pas mon rôle de mentor. Parce que je ne voulais pas que l’on pense que tu avais gagné parce que tu avais eu des avantages, à cause de notre relation. Parce que j’ai cru que tu allais mourir pendant des semaines, mais que tu es revenue d’entre les morts ». Je ne lâche pas son regard, mais je sens que mes lèvres tremblent. Je les contrôle tant bien que mal. « Je ne suis parti nulle part Jo. J’étais de l’autre côté de la rue. Tu pouvais venir. Jamais je ne t’aurais repoussée ». Je fronce les sourcils. Ce n’était pas dans mon intention de lui dire tout ça. Mais la colère et l’alcool aident beaucoup lorsque l’on doit se confesser. « Tu vas me dire que c’était impossible, que tu as passé un an dans le noir, et que tu ne pouvais pas sortir de ta maison. Je pensais que jamais ton traumatisme des jeux ne se mettrait en travers de ton chemin, si tu voulais venir vers moi. Et je sais que dans ton histoire, je suis le méchant, mais essaie de penser, juste l’espace d’un instant, que j’aurais peut-être voulu que ça se passe autrement ». Je lui tourne le dos et marche rapidement vers la porte d’entrée que j’ouvre à la volée. Je sors et je la claque derrière moi. J’ai l’estomac noué. Mon cœur me fait mal. Je n’arrive plus à respirer. J’ai l’impression d’être projeté dix ans en arrière. Quand je venais de gagner les Jeux et que je me retrouvais vivant, dans un village terriblement désert. Je n’avais personne vers qui me tourner. J’avais perdu la fille que j’aimais. J’enroule mes bras autour de mon corps et respire profondément, les yeux fermés. Cette douleur, cette douleur ineffaçable. Jo serait ravie d’apprendre que je souffre au moins autant qu’elle, désormais.
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MessageSujet: Re: i just came to say hello. ∫ ft. Jo   Lun 6 Mai - 12:17


« I belong with you, you belong with me, you're my sweetheart »

Les souvenirs me hantent et pourtant tout a changé. Je ne me souviens que trop peu du Kaidan qui faisait battre mon coeur. Celui qui arrivait à me redonner confiance en moi. Celui qui me faisait sourire, qui me prenait dans ses bras lorsque je ne me sentais pas bien. Celui qui vivait pour moi. Le jeune homme qui se trouve devant moi est un pâle reflet de celui pour lequel je voulais revenir. Mais je suis en partie responsable. Et je le sais. Je me suis laissée aller. La douleur a pris place et la Jo qui était capable du pire pour survivre a finit par mourir. Et ça fait mal. Parce que je ne me reconnais plus. Je voudrais croire que tout cela est un rêve et que je vais finir par me réveiller. Mais je ne crois pas. Je ne pense pas. Je déglutis. « Je te l'ai dit, je voulais voir si tu allais bien ». Je sais que Kaidan ment. Je sais que traverser la rue pour venir me voir lui a pris des mois, mais si le jeune homme est en face de moi en cette minute c'est parce que tous ses amis lui ont assuré que ma santé était au plus bas. Il se sentait terriblement responsable. Il voulait juste vérifier que les rumeurs étaient fausses. Et quelle surprise ! La réalité est malheureusement pire. Et je peux comprendre que cette image de moi le laisse de marbre. Il ne pouvait pas imaginer. Il a surestimé mes capacités. Et il se prend une sacré claque. Il semble tellement triste de constater que la Jo qui a gagné est morte. Peut-être me trouve-t-il injuste dans mes propos aussi. Et je sais que je le suis. Mais il le mérite. Il est parti. Il franchit les quelques mètres qui nous séparent et saisit mes poignets. Avec violence. Il me fait mal mais peu importe. « J'ai eu peur. Je … Je ne suis pas parti ! ». Et pourtant. Je tente de me débattre mais rien à faire, Kaidan est un homme fort. Il me tient toujours et ne me lâchera pas comme ça. Mais je déteste être aussi proche de lui. Je le déteste, lui, pour avoir cessé de croire en moi. Je voudrais hurler. Mais je me retiens. Alors, je laisse juste quelques larmes couler le long de mes joues. Cette situation me rend malade. Le jeune homme finit par lâcher quelques mots. « Je n'ai pas pitié de toi. Je ne me crois pas responsable ». Je me calme presque aussitôt. Je le regarde comme si cette phrase venait de faire réagir la bonne vieille Jo qui essaye parfois de refaire surface. « Je peux parler ? ». Je ne veux que ça, oui. Je veux entendre sa version des faits. Je veux comprendre pourquoi. Il me doit bien ça. Je fais un petit signe de tête, incapable de prononcer le moindre mot. Je ne suis pas idiote. Je sais que ce qui va suivre me fera du mal. Je sais que Kaidan ne cherche pas à me blesser. Mais il le fera. Parce que je suis fragile. Parce que le jeune homme va me parler de mon ancienne personnalité, de cette forte qui est revenue des Jeux. Celle que je cherche à faire réapparaître. Mais elle semble être partie pour toujours. Allons, je ne dois pas penser à ça pour le moment. Je dois juste écouter Kaidan. Peut-être réussira-t-il à me changer. Encore une fois. Comme par le passé, durant les Jeux.

« J'ai appris à te connaître, en devenant ton mentor. Je me suis attaché à toi, et pas de la même manière qu'auparavant, avec mes autres tributs ». Je ne le regarde pas. Pour la première fois depuis mon retour, je comprends que mon ancien mentor avait des sentiments pour moi. Je ne sais pas si ces sentiments étaient aussi forts que ceux que j'avais pour lui mais nous y sommes. Il avoue tout. Je devrais être heureuse mais je ne sais pas, quelque chose me dit que je dois me méfier. Il a brisé mon coeur une fois, je ne peux pas le laisser recommencer. « J'en serais mort, si tu n'étais pas revenue. Mais je ne savais pas pourquoi je ressentais ça. Et puis, tu m'as embrassé. Et j'ai eu peur ». Bien trop facile. Je suis celle qui venait de survivre au pire. Je suis celle qui faisait des cauchemars de ces Jeux atroces. Mais il est celui qui a pris peur. Je voudrais lui cracher mon venin à la figure mais il me coupe dans cet élan de haine. « J'ai eu peur parce que ce n'était pas mon rôle de mentor ». Là, il marque un point. Je sais que nous ne pouvions pas aller plus loin à cette époque. Mais je sentais quelque part, que Kaidan en avait envie. Sinon, jamais mes lèvres ne se seraient retrouvées sur les siennes. « Parce que je ne voulais pas que l'on pense que tu avais gagné parce que tu avais eu des avantages, à cause de notre relation ». Je peux comprendre. Vraiment. Mais il aurait dû savoir que je me fichais des autres. Lui non. « Parce que j'ai cru que tu allais mourir pendant des semaines, mais que tu es revenue d'entre les morts ». Je laisse quelques nouvelles larmes couler le long de mes joues. Oui je suis revenue. Mais à quoi bon. Je ne serai jamais plus la même. « Je ne suis parti nulle part Jo. J'étais de l'autre côté de la rue. Tu pouvais venir. Jamais je ne t'aurais repoussée ». Je déglutis. « Je sais ». Mais parce que Kaidan me connait par coeur, il dit tout haut, ce que je pense tout bas. Puis il conclue sur le fait que lui aussi, aurait voulu que les choses se passent autrement. « Je sais ». Mais il est déjà loin. Il claque la porte de la maison et me laisse seule. Encore une fois. Je laisse échapper un sanglot. Mais ça ne peut pas se finir comme ça. Je ne veux pas. Je respire un grand coup et traverse la pièce. Lorsque la lumière entre dans la pièce, je ferme les yeux. Le soleil est bien fort mais je ne veux pas que Kaidan parte. Je ne veux pas passer ma vie à me sentir responsable de cette situation. Alors que je suis sur le perron, je parle un peu plus fort pour que le jeune homme entende. « Tu ne peux pas fuir éternellement Kaidan. Tu ne peux pas me laisser toute seule alors que tu viens de me confier tout ce qui te hantait depuis des mois ». Je peux apercevoir quelques habitants aux alentours. Certains nous regardent. Mais peu importe. Je descends les marches puis me place devant mon ancien mentor. « Les Hunger Games ont détruit nos vies. Tu as réussi à te relever avec le temps mais moi non. Moi je … ». Je marque une pause. « Bref. Mais tu ne peux pas me quitter maintenant. Tu avais des sentiments pour moi et tu as pris peur parce que tu ne savais pas les gérer. Mais je ne pouvais pas savoir. Je ne pouvais pas deviner. Cette année a été difficile parce que je devais vivre non seulement avec le sang sur mes mains, celui de cette fille, mais également avec le sentiment que tout était de ma faute ». Je parle de nous. Pendant ces longs mois, je me suis imaginée tant de scénarios. Et le plus plausible était que Kaidan était parti par ma faute. Je le regarde droit dans les yeux puis baisse la tête. Vaincue. Je marche en direction de la maison. Cette maison qui a connu mes larmes, mes malheurs, mes hurlements, tout sauf cet amour qui aurait pu naître entre Kaidan et moi. Cet amour qui aurait pu me sauver et me faire tenir.
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MessageSujet: Re: i just came to say hello. ∫ ft. Jo   Lun 6 Mai - 17:56


« if you love me, you'll forgive me »

Impossible de le nier : je fuis, c’est vrai. Je fuis comme j’ai l’habitude de le faire, parce que je vois tellement de choses terribles, auxquelles je dois obligatoirement faire face, que je laisse de côté le reste, ce que je peux esquiver. Notamment ceci. Je n’ai pas vraiment envie d’être mis dos au mur. De devoir affronter ce que je n’ai pas envie de voir. Ce que je n’ai pas envie de combattre. Je m’apprête alors à m’éloigner définitivement de cette maison, lorsque la porte s’ouvre. Je me fige soudain. C’est inattendu. Jo prend sur elle, je le sais, simplement pour affronter le soleil, et moi par la même occasion. « Tu ne peux pas fuir éternellement Kaidan. Tu ne peux pas me laisser toute seule alors que tu viens de me confier tout ce qui te hantait depuis des mois ». Je me tourne doucement et lui fais face. Je ne devrais pas la laisser, effectivement. Pourtant, il y a cette partie de moi, celle qui prend trop souvent le dessus, qui n’ose pas approcher de la jeune femme. J’ai peur qu’elle me brise davantage. Qu’elle m’entraîne dans sa chute. Parce que je reste persuadé que je ne peux pas la sauver. Que si c’est un prince qu’elle cherche, elle ferait mieux de regarder du côté du Capitole, là où les gens ne sont pas détruits, là où tout le monde va bien. Un autre univers. Je serais d’ailleurs heureux si elle parvenait à se relever, même si cela implique que nous ne soyons pas ensemble. Notre reconstruction, si nous formons un couple, sera impossible. Et Jo le sait. Elle me le prouve à l’instant où elle reprend la parole. « Les Hunger Games ont détruit nos vies. Tu as réussi à te relever avec le temps mais moi non. Moi je… ». Je baisse les yeux. C’est donc ce qu’elle croit. Que je suis fort. Que je ne suis pas détruit. Que j’ai encore de l’espoir. J’ai donc réussi à leurrer tout Panem, y compris elle, qui devrait me connaître mieux que quiconque. Je m’apprête à parler, mais elle continue. « Bref. Mais tu ne peux pas me quitter maintenant. Tu avais des sentiments pour moi et tu as pris peur parce que tu ne savais pas les gérer ». Elle a raison, en partie. J’ai aussi pris peur parce que je n’arrive pas à laisser les gens entrer dans ma vie. Je suis solitaire. Je n’ai pas envie de parasiter quelqu’un. Plus que tout, je ne veux pas pourrir la vie de Jo en lui avouant que je tiens à elle. Je sais que nous deux, ce n’est pas la solution à nos problèmes. Elle pense que ça l’est parce qu’elle est blessée, faible, et qu’elle me voit comme un sauveur. Mais ce n’est pas le cas. Ça ne le sera jamais. C’est peut-être ce qu’elle veut dire, lorsqu’elle parle de sentiments difficiles à gérer. Effectivement, je n’y arrive pas. Je suis dans l’incapacité de lui dire tout ce que je ressens, tout ce à quoi je pense lorsque je la vois. Et je ne sais pas si je pourrai un jour assumer ces émotions qu’elle provoque en moi. « Mais je ne pouvais pas savoir. Je ne pouvais pas deviner. Cette année a été difficile parce que je devais vivre non seulement avec le sang sur mes mains, celui de cette fille, mais également avec le sentiment que tout était de ma faute ». Je tourne un instant la tête. Quelques personnes nous regardent. En grande partie, des gens du Capitole, et notamment ceux qui m’ont connu à 14 ans, quand j’ai été envoyé dans l’arène. Tous se taisent. Ils n’ont jamais compris ce que nous pouvions ressentir. Notre peur au retour des Jeux, d’une part, mais également les sentiments que nous avons cachés et tus pendant des mois. Lorsque je regarde de nouveau la jeune femme, elle retourne en direction de sa maison. J’hésite un instant, parce que je déteste avoir des regards braqués sur moi. Je n’aime pas également ce que je ressens, ni la manière dont je le ressens. Normalement, quand on a des sentiments pour quelqu’un, qu’ils soient bons ou mauvais, on n’est pas censé avoir honte. C’est pourtant le cas pour moi. J’ai honte de ne pas avoir assumé, mais j’ai également honte d’avoir ressenti plus que de l’amitié pour Jo, que je devais protéger et épauler comme l’aurait fait un professeur plutôt qu’un amant. « Ce n’est pas de ta faute. C’est de la mienne ». Elle s’arrête, la main sur la poignée. Je n’ose même pas approcher. J’ai peur, comme il y a un an. J’ai terriblement peur, parce que je sais qu’elle est brisée. « Je ne me suis jamais relevé ». Je tiens à rectifier ses dires. Je n’ai pas envie qu’elle pense que je suis fort, insubmersible. Ce n’est pas le cas. Je suis le plus faible de nous deux, dans l’histoire. Et en dix ans, je n’ai toujours pas fait mon deuil des Jeux. Et je suis sûr qu’elle n’imagine pas à quel point je peux être brisé, derrière mon calme apparent. « Quand je suis revenu, je suis resté chez moi pendant environ quinze mois ». Elle ne le sait pas. Personne ne le sait. Qui pourrait penser que j’ai eu autant de mal à me remettre, alors que je semble être quelqu’un de droit, quelqu’un de sain d’esprit ? « Et les années qui ont suivi, j’ai fait pas mal de choses dont je ne suis pas fier, uniquement pour effacer de ma mémoire mes meurtres, et ma culpabilité d’être en vie alors que d’autres enfants n’avaient pas eu cette chance. Aujourd’hui encore, je suis hanté par ces mêmes cauchemars, et je fais des efforts immenses pour ne pas me laisser aller à vivre dans l’obscurité ». Je ne veux pas lui parler en détail de ce que j’ai fait. Ça la ferait uniquement souffrir. Rien de plus. Et moi, ça ne m’aiderait pas. Je déglutis. J’hésite à lui dire ce que je pense. À lui faire part de la suite de mon raisonnement. Je pèse mes mots avant de parler. « La différence, c’est que j’étais seul ». Je veux qu’elle se rende compte. Elle n’a jamais été abandonnée, laissée à l’écart. J’étais là. J’avais simplement du mal, trop de mal, à la voir dans un état que je connais si bien. Et elle, elle ne voulait pas vraiment venir vers moi. Elle ne peut pas dire le contraire. Si elle avait vraiment voulu être avec moi à ce moment-là, nous serions déjà ensemble à l’heure qu’il est. Mais nous sommes désormais deux âmes blessées, écorchées à jamais. Rien ne sera comme avant. Rien ne sera comme cela aurait pu se passer, s’il n’y avait pas eu les Jeux. Si elle n’était pas aussi brisée que moi.

Je secoue la tête. Je n’ai jamais été avec quelqu’un d’aussi perturbé que moi. Depuis mon retour des Jeux, je n’ai fréquenté que des femmes du Capitole. Elles m’admiraient comme un héros de guerre, sans voir que j’étais à terre, moins que rien. Sans voir que je n’étais pas courageux, ni héroïque. J’avais simplement survécu. J’avais tué pour sauver ma peau. Je n’avais aidé personne, à part moi. C’est sans doute le pire, dans l’histoire ; le fait d’être acclamé alors qu’on ne le mérite absolument pas. Mais c’était ce que je voulais, parce que j’avais l’impression que ma culpabilité s’effaçait. Comme si le fait que les femmes que je fréquentais n’aient pas conscience de la véritable valeur de ma vie – qui en valait exactement 24, en réalité – me rassurait, me permettait de mieux dormir la nuit. Mais Jo, impossible de lui faire croire ça. Elle sait que nous avons tué. Que nous avons tué afin de rentrer vivants. Ou de se venger. Pour tout, sauf une raison honorable. « S'il y a quelqu'un à blâmer, pour tout ça, c'est moi. Je suis loin d'être un héros, Jo. Cette année encore, je vais devoir transformer deux enfants en assassins ». Je lève les yeux au ciel, rassemblant le peu de fierté qu’il me reste. Je ne veux pas que Jo me voie vraiment faible, même si elle sait désormais que je ne suis pas plus immunisé qu’elle à la douleur du souvenir. Je ne sais pas quoi faire, ni comment faire. Je ne sais pas si ce sera possible d’aller mieux, un jour. C’est quelque chose que je ne peux pas lui dire, pas maintenant, ou je perdrai définitivement mon calme et craquerai sous ses yeux. Je ne peux pas me le permettre.
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MessageSujet: Re: i just came to say hello. ∫ ft. Jo   Mar 7 Mai - 16:59


« I belong with you, you belong with me, you're my sweetheart »

« Ce n'est pas de ta faute. C'est de la mienne », me dit-il. Je ne bouge plus. Je ne sais pas comment réagir à cela. A vrai dire, je n'ai même pas envie d'argumenter. Il a raison, en partie. Mais il n'est pas le seul à blâmer dans cette histoire. Je le sais. J'ai ma grande part de responsabilité. Seulement, difficile de le comprendre et de l'avouer quand on est dans un état aussi pitoyable que le mien. J'ai tenu comme je le pouvais parce que la rage de pouvoir lui dire tout ce que je pensais me retenais. Cette violence me donnait la force de continuer, me donnait une légère envie de me lever le matin. Mais plus les jours passaient et plus ma conviction de vouloir rétablir la vérité entre nous faiblissait. Je me sentais responsable, quelque part. Kaidan était peut-être parti parce que la fille forte avait disparu. Du jour au lendemain. Et cette pauvre enfant qui restait là, cachée derrière sa chaise, ne lui plaisait plus. Il continue. « Je ne me suis jamais relevé ». Je ferme les yeux et pousse un soupir. Bien entendu. Je le voyais venir. On ne peut jamais oublier les Jeux. On ne peut jamais oublier ce qui est arrivé là-bas. On a mal. On souffre. Et pour la vie entière. On est hanté par le visage de ceux qui étaient à nos côtés, ceux qui comme nous, cherchaient simplement à sauver leur peau. Mais si Kaidan a brisé, autant que moi je veux dire, alors tout espoir de guérison est vain. Je ne pourrais jamais relever la tête. Faire semblant que tout va bien. Et dans cette histoire, voilà ce qui me fait le plus peur. Ne plus jamais être la même. La Jo qui était aimée par son frère, par ses parents, par ses amis. Ces gens qui sont pratiquement devenus des étrangers et qui ne me comprennent plus, qui me disent après des mois, que tout ira bien, que je ne suis pas seule. Mais ils ne peuvent pas savoir. Ils ne peuvent pas comprendre. « Quand je suis revenu, je suis resté chez moi pendant environ quinze mois ». Je ne sais pas si je suis censée être rassurée. Parce que cela voudrait dire que finalement, nous sommes tous pareils. Nous les vainqueurs, nous avons besoin de nous retrouver seuls quelques temps, histoire de passer à autre chose, du moins essayer. Et puis de l'autre côté, cela signifie également que mes longs mois de solitude ne sont pas terminés. Ils commencent juste. Je regarde le sol, sans rien dire. Rien à ajouter. Il fait ses aveux. Je suis là pour écouter. Pas pour me plaindre ou pour compatir. Puis je sais déjà ce que dirait Kaidan de toute façon. Il me dirait que même si tout cela est dur, je peux compter sur les autres. Foutaises. « Et les années qui ont suivi, j'ai fait pas mal de choses dont je ne suis pas fier, uniquement pour effacer de ma mémoire mes meurtres, et ma culpabilité d'être en vie alors que d'autres enfants n'avaient pas eu cette chance ». Je ne chercherai pas à savoir ce que le jeune homme entend, par ces choses dont il n'est pas fier. Je sais que ça me mettrait en colère. On réagit tous de manière différente. Après tout, de quoi demain sera-t-il fait ? Mon comportement sera peut-être complètement différent. Alors je prie pour rester la même. Pour ne pas commettre de fautes graves. Pour ne pas basculer dans la folie. « Aujourd'hui encore, je suis hanté par ces mêmes cauchemars, et je fais des efforts immenses pour ne pas me laisser aller à vivre dans l'obscurité ». Je hausse les épaules. Je suis faible. Je m'y suis réfugiée dès les premiers jours. Mais je remarque que ça ne m'aide pas vraiment. Ça ne fait que faire augmenter le nombre de cauchemars. Je ne peux plus vivre comme ça. Je ne peux plus me réveiller la nuit en hurlant. Les premiers jours, mon frère venait me rejoindre et dormait à mes côtés pour me rassurer. Mais avec le temps, nous nous sommes éloignés et je dois faire face à ces horreurs seule. Parce que je fais peur aux autres. Je déglutis. Kaidan finit son discours. « La différence, c'est que j'étais seul ». Je secoue la tête. Il ne comprend pas. Il croit que ma famille a pu me porter secours mais il se trompe. « Je le suis aussi. Mes parents et mon frère ne peuvent rien faire pour moi ». Je pense que rajouter que lui seul aurait pu faire quelque chose ne pourra arranger la situation. Il le sait. Je le sais. Mais nous ne changerons pas le passé. Il nous faut maintenant être forts. Pour les autres mais surtout pour nous. Ça me semble parfois tellement difficile pourtant.

Pour nos familles et nos amis, nous sommes des héros. Nous sommes les vainqueurs. Mais je n'ai rien fait pour survivre dans cette arène. Je me suis cachée, presque tous les jours. Je me suis tenue loin des combats. Parce que je ne savais pas manier une arme. Je me suis occupée de mon coéquipier en allant chercher de la nourriture la nuit et en nous trouvant des endroits sûrs. Mes actes de bravoures s'arrêtent ici. Après, nous parlons de colère et de tristesse. Nous parlons de massacre aussi. Parce que oui, je me suis acharnée contre cette fille, en la faisant souffrir, comme elle avait fait souffrir le gamin. Point final. Perdue dans mes pensées, dans cette arène monstrueuse, je suis ramenée à la réalité par la voix de Kaidan. « S'il y a quelqu'un à blâmer, pour tout ça, c'est moi. Je suis loin d'être un héros, Jo. Cette année encore, je vais devoir transformer deux enfants en assassins ». Je sais que cela est très difficile pour lui. Je tourne la tête vers lui et son image de jeune homme brisé et faible ne me plaît pas. Je soupire. « Il y a Myrcella, puis Neo pour faire ce travail ». Il oublie que nous sommes quatre vainqueurs. Je fais quelques pas vers lui. Je voudrais le prendre dans mes bras. Je voudrais lui dire que tout ira bien mais il sait que ce n'est pas vrai. Cette année, nous allons vivre une édition particulière qui plus est. Nous ne savons pas encore ce que le Capitole nous réserve. Je déglutis. « Et si nous devions y retourner ? ». Il lève les yeux vers moi alors que je tremble comme une feuille. Cela est arrivé par le passé. Certains vainqueurs ont dû affronter une nouvelle arène. Le pire cauchemar que nous puissions imaginer. Je pince les lèvres. « Kaidan … Notre vie ne signifie rien pour eux et je trouve que nous avons perdu du temps à se fuir de la sorte pendant presque un an. Je … ». Je marque une pause. Je dois trouver les mots juste. « Nos discussions me manquent ». Il me manque, mais je ne peux pas le dire. Et puis, il le sait. Nous ne pouvons pas passer notre vie à nous éviter. Je voudrais juste que les choses soient plus simples entre nous. Je fais encore quelques petits pas vers lui et me stoppe à quelques centimètres du jeune homme. Les habitants présents aux alentours nous regardent. Mais je me fiche des autres. Le moment présent importe plus que le reste. A savoir comment le vivra Kaidan cette fois.
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MessageSujet: Re: i just came to say hello. ∫ ft. Jo   Mar 7 Mai - 19:41


« if you love me, you'll forgive me »

Le vernis craque. Jo ne s’attendait sûrement pas aux confessions de son mentor. Elle ne s’attendait pas à ce que je lui dise que j’ai peur depuis dix ans. En fait, qui aurait pu le deviner ? Je le cache tellement bien. Pour les gosses, d’abord. Parce que je ne veux pas les effrayer, leur montrer que même s’ils en réchappent, ils ne seront plus jamais les mêmes. Après tout, qui aurait envie de survivre à ça, si c’est pour devenir comme moi ? L’ironie du sort. On survit, mais on ne vit qu’à moitié. J’aurais préféré être mort.
Tout ce que je lui confie, c’est la vérité. Simplement, j’essaie tellement de l’occulter en permanence que j’en oublie parfois qu’il faudrait me confier. À elle, entre autres, parce qu’après tout ce que nous avons vécu, je ne me vois pas en parler à quelqu’un d’autre. Je pourrais m’entretenir avec Neo. Savoir si, lui aussi, il a peiné à se relever. Peut-être moins que moi… Après tout, il était plus âgé lorsqu’on l’a envoyé là-bas. J’étais un gamin. Un enfant catapulté dans un monde d’adultes contre son gré. Un monde qu’il aurait aimé ne jamais connaître, mais qu’il avait pourtant été obligé de côtoyer. Combien d’autres gosses, dans d’autres districts, sont dans le même état que nous ? Je n’ose pas l’imaginer. J’en côtoie certains, oui. Entre vainqueurs, je pense que c’est la moindre des choses. Personne d’autre ne peut comprendre notre malaise. Nous sommes presque des amis, des frères. Un lien indescriptible, terrifiant, nous unit. On s’y fait. Avec le temps, les blessures se referment un peu. Les cauchemars qui, avant, étaient terrifiants, deviennent supportables. Je ne rêve plus de cette maison lugubre me rappelant mon arène, je ne rêve plus de Lara en sang à mes côtés, en train de mourir. J’entends simplement des coups contre le plancher, je vois parfois des choses dans le noir. Dès l’instant où je me dis que c’est mon esprit qui me joue des tours, je vais mieux. Alors, oui, c’est vrai, on s’en sort. Tant bien que mal, mais on y arrive. Mais j’ai du mal à continuer ces mensonges, surtout pour les tributs qui sont désignés chaque année. Comme si elle répondait à mes pensées, Jo brise le silence. « Il y a Myrcella, puis Neo pour faire ce travail ». Je baisse les yeux. Elle sait comme moi que Myrcella est encore plus brisée que nous le sommes. Et puis, vraiment, je ne sais pas si elle aime être mentor. Pour ma part, j’apprécie ce métier, malgré tous ses inconvénients. C’est juste l’après-coup qui est dur. Quant à Neo, il a déjà un métier, et il va beaucoup mieux que nous. Je n’ai pas envie de le faire replonger là-dedans, sauf s’il le veut vraiment. Alors, pour le moment, j’assume cette charge. Mais si l’un d’eux veut prendre la relève, je lui filerai volontiers ma casquette.

Jo s’approche de moi, et je me retiens de faire un pas en arrière. « Et si nous devions y retourner ? ». Je lève les yeux et les plante dans les siens. Comme si je n’y avais pas déjà pensé. J’ai pensé à cette possibilité des centaines de fois. Pire, depuis la victoire de Jo, je pense à ce que l’on pourrait vivre si les vainqueurs étaient tirés au sort pour aller aux Jeux. Elle, et moi. Avec un seul survivant. Dans tous les cas, j’y irais nécessairement. Je me suis promis de me porter volontaire à la place de Neo si une telle chose devait arriver. « Si nous devions être tirés au sort tous les deux, je ferais ce que j’ai à faire. ». La sauver. Mourir. Je l’ai fait une fois, je le referai. Et vu le ton de ma voix, elle doit comprendre. Elle sait. Je n’hésiterais pas une seconde à me sacrifier pour elle, après avoir éliminé un maximum de tributs. Mais cela n’arrivera pas. L’expiation ne nous concernera pas ; elle ne peut pas nous concerner. Nous avons mérité de vivre loin de ces Jeux. De ne pas avoir à craindre la moisson une fois de plus. Pourtant, je sais que c’est déjà arrivé, et que ça pourrait se reproduire. « Kaidan… Notre vie ne signifie rien pour eux et je trouve que nous avons perdu du temps à se fuir de la sorte pendant presque un an. Je… ». J’ai peur. Qu’elle en dise trop, ou pas assez. Je ne suis pas prêt à concevoir l’une ou l’autre des possibilités : la perdre, ou être avec elle. C’est lâche, terriblement lâche. Elle poursuit. « Nos discussions me manquent » ; elle avance de quelques pas, une nouvelle fois. Nous sommes proches, désormais, et nous ne nous hurlons pas dessus : c’est un miracle, mais ce n’est pas certain que ça dure. Je tourne la tête. Toute mon équipe nous observe, de la fenêtre de mon salon. Je leur adresse un doigt d’honneur, et les citoyens qui se tiennent dans la rue à quelques mètres de nous me jettent un regard outré. Lorsque je tourne la tête vers Jo, elle sourit un peu, en réponse à mon geste. Je ne m’y attendais pas. « À moi aussi », réponds-je doucement. Je l’attrape par la taille et l’attire dans mes bras, enfin. Ce geste est naturel. Je n’ai même pas besoin de faire d’efforts. Il nous ramène pourtant à un temps que je préfèrerais oublier. Jo était tribut à cette époque, et je ne savais pas si elle reviendrait vivante. Sans dire que je la considérais comme morte, je ne donnais pas cher de sa peau. Et aujourd’hui, elle est là. Il doit y avoir une raison. C’est presque douloureux de réaliser que je ne suis pas seul. Que je ne le suis plus. La dernière fois que j’ai aimé, je m’en suis mordu les doigts. C’était stupide de tomber amoureux dans l’arène. Mais c’est quelque chose que l’on ne contrôle pas. Je ne sais pas de quoi j’ai peur, aujourd’hui. Nous sommes tous les deux vivants. Nous n’irons nulle part. Enfin, tant que l’expiation ne pioche pas les tributs parmi les anciens vainqueurs. Je murmure, de façon à ce qu’elle seule puisse m’entendre. « Qu’est-ce qui se passera si l’expiation concerne les vainqueurs ? Si l’un de nous deux... meurt... ». C’est sans doute ce qui me terrifie le plus. Perdre Jo. Je sens qu’elle resserre son étreinte à mes mots. Comme si elle avait peur que je disparaisse aussi. Je me rends alors compte que même terrifiés, même anéantis, peut-être que nous pouvons nous raccrocher à ce sentiment. Celui d’avoir besoin l’un de l’autre et, même si cela me coûte de l’avouer, de s’aimer terriblement.
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MessageSujet: Re: i just came to say hello. ∫ ft. Jo   Mer 8 Mai - 16:34


« I belong with you, you belong with me, you're my sweetheart »

Soudain, tout est clair. Comme si ma perception de la vie venait de changer juste parce que je sais ce que ressens Kaidan, quels sont ses vrais sentiments. Plus de mensonges. Plus de façade. La carapace se brise. Le jeune homme redevient celui qui avait peur du monde alentour. Je me sens moins seule alors. Je sais que ça peut paraître égoïste. Mais peu importe. Parce que je prends conscience pour la première fois depuis des mois que je ne suis pas lâche et que d'autres sont passée par là. Avec Neo, il y avait toujours le sentiment de faire moins bien que lui. Il avait en quelque sorte réussi à passer par dessus cette épreuve, il était allé plus loin que les Jeux. Moi non. Je vivais avec le souvenir atroce de l'arène. Je ressentais encore le vent glacial sur ma figure ou la fine pluie qui se voyait accompagnée de plus intenses catastrophes. Et je me sentais terriblement mal pour cela. Je me sentais faible pour tout dire. Incapable de se relever. Incapable de faire un pas en avant et de mettre côté cette époque douloureuse de ma vie. Pas faute d'avoir essayé pourtant. Et je ne remercierai jamais assez Neo pour son soutient. Mais je ne nous sentais pas égaux. Mon ami était plus fort que moi. Physiquement et mentalement. Kaidan non. Je sais que je ne devrais pas me réjouir. Parce que nous sommes brisés tous les deux et que nous ne pourrons pas nous relever si nous plongeons. Mais je me sens bien avec lui. Je me sens vivante ou du moins plus vivante que je ne l'ai jamais été en ces longs mois à la maison. Nous verrons ce que la vie nous réserve. Tout de suite, je veux juste faire le vide. Ne penser à rien. Pour une fois.

Le jeune homme me semble pensif. Perdu dans ses souvenirs. Je sais que mes paroles résonnent dans son esprit. Et si vraiment nous devions y retourner ? Remarque, plus de problème de mentor au moins. Car cette fois il se battrait pour que je vive. Il y croirait sans doute. Et puis, il sait de quoi nous serions capables ensemble. Plus question de transformer des gamins en machines à tuer. Il suffirait de réactiver cette capacité chez nous. Parce que nous avons déjà faits ce qui pouvait être le pire. Tuer. Massacrer. Nous ne sommes plus de simples innocents. Mais si une telle chose arrivait, nous ne pourrions pas vivre notre histoire. Plus de Jo. Plus de Kaidan. Juste deux jeunes qui seraient oubliés un peu trop vite. Et ça, je ne veux pas y penser. Lui non plus. « Si nous devions être tirés au sort tous les deux, je ferais ce que j'ai à faire », me dit-il. Fin de la discussion. À comprendre « Je te ramènerai vivante même si je dois me sacrifier pour cela » parce que c'est dans sa nature. Je déglutis. Je ne veux pas le voir mourir. Je ne veux pas le perdre. Mais le gouvernement décidera. Nous pouvons lui faire confiance pour prendre la décision la plus sadique. Je soupire. Alors que je lui confie mes sentiments profonds, je lis la peur dans ses yeux. La peur que je lui confie ce que le jeune homme sait déjà ; à savoir que mes sentiments pour lui sont réels. Ou alors attend-il cela depuis toujours. Je ne sais pas. Je ne sais plus quoi penser. Nous passons de la dispute, à la réconciliation. Du rire aux larmes. Mais parce que nous sommes comme ça. Nous avons toujours fonctionné ainsi. Il tourne la tête en direction de sa maison et adresse un doigt d'honneur à tous ceux qui y sont présents. Alors je souris. Chose rare chez moi ces temps-ci. « À moi aussi », me confie-t-il. Puis il me prend par la taille et m'attire contre lui. Lorsque ma tête cogne contre son torse, je ferme les yeux. Je respire son odeur, celle que je connais par coeur et qui me manquait tant. Je me sens bien. Je me souviens que ce geste était naturel entre nous à une certaine époque. Certes, les conditions étaient différentes et Kaidan ne savait rien de mes sentiments. Mais quand même. Puis le jeune homme murmure quelques mots que je suis la seule à entendre. « Qu'est-ce qui se passera si l'expiation concerne les vainqueurs ? Si l'un de nous deux … Meurt … ». Je déglutis à nouveau. Pour être honnête, je ne sais pas. Ce sera difficile. Vraiment. Mais il faudra vivre avec toute sa vie. Je lève la tête et le regarde. Je hausse les épaules. « Je ne sais pas. Je ne veux pas te mentir. Mais pour le moment, nous sommes là tous les deux ». Rien de plus à ajouter. Avec des si, on referait le monde. Mais en attendant, vivons nos journées comme si elles étaient les dernières. Ne pensons pas au futur ou aux Jeux qui nous ont déjà trop détruits. Pensons à nous un peu. Je glisse ma main dans la sienne et caresse ses doigts quelques secondes. Je ne rêve pas. Je suis bien avec lui. Et rien ne compte plus que cela pour le moment. Juste lui et moi.
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MessageSujet: Re: i just came to say hello. ∫ ft. Jo   Mer 8 Mai - 20:29


« if you love me, you'll forgive me »

Je me sens mal partout, en permanence. Je fais croire que je suis à l’aise, que tout va bien, mais c’est tout l’inverse. Or, là, je ressens le contraire. Jamais je n’aurais cru que Jo et moi réussirions à nous comprendre. Pas après cette longue période de silences et de non-dits. Et c’est agréable de voir que je m’étais trompé. Elle glisse sa main dans la mienne, et je baisse les yeux un instant. Les gens qui nous regardent doivent se poser des questions. Après tous ces mois que nous avons passé à nous haïr publiquement, c’est relativement incompréhensible. Pas pour nous. Nous sommes comme ça. Nous avons besoin de temps. Surtout parce que nous sommes fous, et que nos problèmes nous pousseraient plus à nous séparer qu’à nous embrasser. Oui mais voilà, la vérité est que nous ne pouvons pas. Aussi incroyable que cela puisse paraître, je me rends compte que même si notre reconstruction sera difficile, elle sera beaucoup plus lente et douloureuse si nous ne sommes pas ensemble. Je lève les yeux vers Jo. « Je suis désolé de ne pas avoir été là pour toi ». C’est vrai. Je ne voulais pas vraiment l’avouer, parce que ça revient à dire que j’ai une grosse part de responsabilité, dans ces longs mois de silence. Mais je mentirais si je disais le contraire. Ma démence, ma peur, mon incapacité à m’ouvrir aux autres, ne sont que de faux prétextes. Je me cache derrière parce que c’est plus commode, parce que ça m’évite de dire la vérité. Les dernières paroles de Jo me donnent l’impression de la retrouver, elle, naturelle, entière, comme si elle n’était jamais partie nulle part. Et je ne sais pas si c’est cette vérité qui la ramène à moi, mais je suis obligé d’y croire.
On entend le chant des oiseaux s’envoler dans l’air. Le bruit de l’eau qui court. Tout est si calme, si paisible. Je ne sais pas comment c’est possible. On dirait que nous habitons un havre de paix. Ce district que j’ai autrefois aimé, dans lequel je me sentais bien… je n’y suis plus à ma place. Et Jo non plus. Sans doute est-ce pour cela que nous nous sommes trouvés. Nous pourrions habiter au Capitole, après tout. Laisser derrière nous ce passé qui nous fait tant souffrir. Mais je ne pense pas que ce soit la solution. Rien n’ira mieux parce que l’on portera des oeillières. Il faut désormais tout affronter, ici. Tout affronter à deux si possible, même si cette idée me paralyse. Je dois commencer à y penser. À faire face. Parce que je sais que Jo pense sans doute déjà que nous formons un couple, alors que moi, je ne sais pas tout à fait ce que nous sommes. C’est assez étrange comme sensation. Comme si je me trouvais dans un état stationnaire, avant la tempête. Je ne peux pas dire que je regrette de m’être rabiboché avec Jo. Je n’aurais pas pu continuer ce jeu de l’autruche éternellement. J’ai du mal, énormément de mal à me passer d’elle. À ne pas savoir comment elle va. À la savoir avec Neo. J’étais terriblement jaloux. Et je suis sûr qu’elle le savait pertinemment. Peut-être même le fréquentait-elle aussi régulièrement pour entretenir ma jalousie. Dans tous les cas, j’aimerais savoir ce qu’elle ressent. Je sais qu’elle a dû m’en vouloir. Longtemps. Est-elle toujours aussi convaincue de ressentir de l’amour pour moi ? Peut-être que si c’était le cas, j’aurais moins de mal à assumer mes sentiments. Peut-être, seulement. Parce que je sais qu’inévitablement, j’aurai du mal à savoir où me situer. Je glisse ma main sur sa joue, et je sais que les regards sont braqués sur nous. « Je ne veux pas te mentir… je ne sais pas quoi faire… comment agir ». Je déglutis. Ça serait plus simple si nous n’étions pas médiatisés. Si nous n’étions pas des héros de guerre. Mais malheureusement, nous sommes des idoles. Des vedettes, aux yeux de ces riches ignorants du Capitole. Des figures d’admiration, de désir, mais également des personnes surveillées à la loupe. Je ne sais pas ce que l’on peut me faire si on découvre que je fréquente l’un de mes anciens tributs. Peut-être rien. Peut-être beaucoup. Je ne sais pas si Jo le comprend. Notre relation peut être anodine comme catastrophique pour eux. Je pencherais plutôt pour « exceptionnelle », en fait. Je suis sûr qu’ils seraient ravis de nous afficher dans leurs journaux, de nous inviter sur leurs plateaux de télévision, pour que nous parlions de notre idylle. Ça serait une belle histoire. Surtout s’ils désiraient, comme nous le craignions il y a quelques instants, envoyer les anciens vainqueurs dans une nouvelle arène. J’imagine déjà ça. La dernière gagnante et son ancien mentor, désormais amants, séparés bien trop tôt par la mort à l’occasion des 25ème Jeux de la faim. Ils seraient fous de joie. Ils exulteraient. Simplement parce que l’occasion serait trop belle. Pour que ce soit meilleur encore, ils feraient en sorte que l’un de nous deux survive, et pas l’autre. Plus j’y songe, plus j’en suis persuadé. Et je ne veux pas craindre cela une fois de plus. Pas ma mort. Celle de Jo. « On peut rentrer ? ». Je lui demande de manière simple, sans empressement, mais c’est plutôt une requête, comme si je la priais de répondre positivement. Je n’ai pas envie de rester dehors. Je n’ai pas envie que les gens nous regardent. Surtout, je n’ai pas envie qu’une possible idylle entre nous risque de nous renvoyer là-bas. Jo est bien loin de toutes ces pensées sinistres, simplement parce qu’elle n’a pas été dans ce milieu suffisamment longtemps. Elle ne sait pas à quel point les gens peuvent être cruels. Simplement pour de l’argent. La vie humaine n’a pas beaucoup d’importance face à un joli tas de billets. Je n’attends pas qu’elle me réponde. Je la contourne et rentre chez elle. Une fois que nous sommes tous les deux à l’intérieur, je baisse les yeux. « Désolé ». Je le suis. Je ne veux pas qu’elle croie que j’ai honte que l’on puisse nous voir comme deux amants. Je n’ai pas honte d’elle. Ça ne sera jamais le cas. Mais à Panem, les choses ne sont pas aussi simples.
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MessageSujet: Re: i just came to say hello. ∫ ft. Jo   Lun 13 Mai - 19:24


« I belong with you, you belong with me, you're my sweetheart »

Il faut être honnête, cette journée est assez étrange. Parce que pour la première fois depuis des mois, je ne suis pas la pauvre fille apeurée, cachée derrière ses meubles, qui ne peut plus profiter de la vie. Non. Je me sens plutôt bien pour une fois. A me dire que ma vie pourrait être pire, sans aucun doute. Je me sens moi-même. Et ça fait tout drôle. Je n'ai plus peur de marcher au soleil, du moins pour le moment. Mais je sais pourquoi. Parce que la présence de Kaidan apaise. Et ce n'était vraiment pas gagné pour tout dire. Je ne pensais pas que le jeune homme et moi nous reparlerions de si tôt. Tout allait au plus mal pour nous. Nous étions en froid, incapables de nous comprendre, prêts à nous déchirer au lieu de nous parler franchement. Et puis les choses ont changées. Nous sommes comme cela après tout. Amis quelques secondes et ennemis ensuite. Depuis toujours. Mais rien ni personne ne pourra nous séparer. Parce que nous avons besoin de nous soutenir. Plus que tout. Nous avons un passé commun après tout. « Je suis désolé de ne pas avoir été là pour toi ». Enfin, voici les mots que je voulais entendre depuis des mois. Je le regarde dans les yeux. Ça fait du bien. Parce que ma vie a été difficile sans lui. Il y avait ma famille, puis Neo aussi. Mais il était le seul à pouvoir comprendre. Il était le seul que je voulais voir. Alors me passer de sa présence a été une nouvelle épreuve. Une épreuve que je ne pensais pas pouvoir surmonter. Et pourtant. Je hausse les épaules. Je ne sais pas quoi dire. Même si je suis contente que Kaidan soit si désolé, il avait ses raisons. Et ça ne change rien entre nous. Il ne voudra pas plus de moi ou de nous. Il aura toujours cette retenue. Même après dix ans. « Tu as fait comme tu as pu ». Et même si cela a brisé mon pauvre petit coeur, mais je ne veux pas lui faire plus de reproches. Il sait. Il sait que le chemin sera long. Mais ça vaut le coup non ? En tout cas je veux y croire. Mais une question me brûle les lèvres : Kaidan aura-t-il le courage de faire un pas de plus vers moi ? Ou alors, la vie nous éloignera-t-elle encore plus ? Je ne sais pas ce que le futur nous réserve.

Le calme revient. Personne ne parle. Nous nous observons juste et sans se priver. Je tourne la tête pour regarder les alentours. Les autres habitants semblent aller au ralenti. Beaucoup de têtes sont tournées vers nous mais le temps est figé. Plus rien ne compte. Il y a Kaidan et moi. Rien de plus. Pourtant, je sens que nous sommes tendus. Je sens que cette paix installée peut changer en quelques secondes à peine. Et je crois que ça me fait peur. Mais je pense savoir pourquoi. Parce que cette vie, ici, ne nous convient plus vraiment. Vivre dans ce district je veux dire. Nous avons changé. Nous ne sommes plus les mêmes. Nous qui vivions ici étant enfants. Nous qui étions innocents avant leJe ms Jeux. Les Hunger Games ont tout chamboulé. Impossible de vivre dans le passé ou de rester dans ce district puis même de marcher dans ces rues sans penser à tout ce que nous avons vécu. Nous ne sommes plus les petits innocents que nous étions. Naïfs. Nous avons grandi tout simplement. Je soupire. La vie était tellement plus simple autrefois. Désormais, nous nous posons trop de questions. Et dans le cas présent, sur un certain amour que nous pourrions ressentir. Kaidan caresse ma joue avec douceur, ce qui me fait frissonner. « Je ne veux pas te mentir … Je ne sais pas quoi faire … Comment agir ». Alors nous sommes deux. La dernière fois, nous savons tous les deux comment les choses se sont terminées. Nous nous sommes évités durant des mois. Nous avons cessé de nous voir, ne pouvant supporter ces sentiments naissants. Je hausse à nouveau les épaules. Je voudrais lui dire de laisser parler son coeur pour une fois. Peut-être est-ce la solution. Mais je ne crois pas. Être épiés ne nous aide pas qui plus est. Je les vois. Ils nous regardent. Tous. Nous sommes des bêtes de foire. Et je déteste ça. Je ne peux pas faire ce que je veux car je serai jugée. Toujours. Je suis désormais une star. Et que diront tous les capitoliens lorsque ces images - car elles seront diffusées bien entendu - leur seront offertes ? Certains apprécieront notre histoire. Mais la plupart ne comprendraient pas. Personne ne peut comprendre. « On peut rentrer ? », finit par articuler Kaidan. Je baisse les yeux. Les choses étaient pourtant bien parties. Il fuit encore. Est-ce parce que nous sommes observés ou juste parce que le jeune homme ne veut pas de ça ? Pas de nous ? Je déglutis. Il finit par me contourner et avance vers la maison. Je ferme les yeux. Il aurait pu changer les choses. Il aurait pu faire revenir la bonne vieille Jo. Maintenant rien ne paraît sûr. Je me retourne et le rejoint. « Désolé », me dit-il. Je ne peux pas lui en vouloir. Pourtant je suis quelque peu énervée. Je me racle la gorge. Kaidan ne voulait pas se donner en spectacle. Mais avait-il honte ? Nous nous asseyons sur le sofa et le silence retombe. Je suis tendue. Je ne dis rien. Je ne sais pas comment briser la glace. Je me tourne doucement vers mon ancien mentor et le regarde droit dans les yeux. « Et maintenant ? ». Je déglutis.
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MessageSujet: Re: i just came to say hello. ∫ ft. Jo   Mar 14 Mai - 17:30


« if you love me, you'll forgive me »

Je déteste faire endurer ça à Jo. On se croirait revenus à l’adolescence. Comme si nous sortions ensemble derrière l’école pour que les autres ne nous voient pas. Ça ne me surprendrait pas si elle le prenait mal. À sa place, j’en ferais tout autant. Mais si elle réfléchit, elle pourra se rendre compte que je ne fais pas ça de gaité de cœur. Que c’est nécessaire pour sa sécurité. Mais en sera-t-elle consciente un jour ? De retour dans son salon, assis sur le sofa, nous nous regardons. Enfin, elle me regarde. Même si j’ai mon regard planté dans le sien, mon esprit est ailleurs. Mais elle prononce deux petits mots qui me ramènent à elle. « Et maintenant ? ». Je respire profondément. « Tu m’en veux ? ». Elle peut le dire, ça se voit de toute façon. Je sais que dans ces moments-là, nous pourrions retomber dans la période de haine que nous avons connue. J’ai l’impression que c’est notre mode d’expression : nous détester, puis nous aimer, périodiquement. Sauf que là, c’est un peu rapide. Et puis, j’ai une raison de ne pas vouloir nous exposer. Je fronce les sourcils. « Si le Capitole sait qu’il y a quelque chose entre nous, il peut tout à fait en profiter. Ces gens-là n’hésitent pas à se faire de l’argent sur la vie de gamins, tu penses qu’ils auront des scrupules avec nous ? Ta mort ou la mienne, après nous être aimés, ça ferait un bon article dans la presse du matin ». Je détourne le regard, mes avant-bras appuyés sur mes genoux. Je suis en colère. Pas spécialement contre elle. Plutôt contre tout le climat dans lequel nous vivons, qui nous oblige à nous cacher. Mais Jo n’aide en rien lorsqu’elle se dresse contre moi, alors que j’essaye uniquement de la protéger. Je lui en veux de ne pas comprendre les enjeux de ce qui semble pourtant être une banale histoire d’amour. Ce n’en est pas une, pas ici du moins.
Je ne suis pas courageux. C’est faux. Je sais que Jo pense le contraire ; enfin, elle le pensait avant de partir pour les Jeux. Mais elle avait tort. Je ne suis pas du genre à revendiquer quelque chose publiquement, à faire l’impasse sur la discrétion pour m’imposer. Même mon implication dans la rébellion est faible pour le moment, simplement pour qu’on ne me repère pas. Je ne veux pas que les autres, ceux qui nous veulent du mal, sachent quelles sont nos convictions, quelles sont les choses pour lesquelles on se bat. En ce sens, je suis un trouillard. Quelqu’un qui craint vraiment ce qui pourrait advenir de lui si on venait à en savoir davantage sur ses activités. Quelqu’un qui préfère ne pas se montrer. Jo est plus forte que moi, en fait. Je sais qu’elle serait prête à se battre pour montrer publiquement que nous sommes ensemble. Ou pour œuvrer avec les rebelles. Elle est restée planquée chez elle moins longtemps que je ne l’ai fait, après être sorti de l’arène. Je la regarde. « Je suis désolé, je sais que je ne suis pas celui que tu aimerais avoir près de toi ». C’est évident. Elle pensait avoir affaire à un autre homme. Quelqu’un qui ne se démonte pas à la moindre occasion. Quelqu’un qui ne se carapate pas quand il y a du danger. « Mais tous ces gens dehors, ces gens qui semblent seulement intéressés par notre idylle… Ils peuvent nous faire du mal. Te faire du mal ». Je détourne le regard. « Je sais que tu penses que je ne tiens pas tant que ça à toi, mais je ne veux pas que la bataille que j’ai menée pour que tu reviennes vivante n’ait servi à rien. J’ai besoin de toi ici ». Je secoue la tête et baisse les yeux. Je suis plutôt calme, pour quelqu’un d’énervé. Mais je ne pourrais jamais passer mes nerfs sur elle, même dans les pires moments, même quand elle est la pire des emmerdeuses. « Je ne suis pas Neo. Je me préoccupe de ce qui peut nous arriver, même maintenant ». Je ne l’avoue qu’à mi-mot, mais c’est clair : je jalouse Neo. Le jeune homme a réussi à s’en sortir sans une égratignure. Il a souffert quelque temps, je le sais. Mais il est maintenant guéri. Avec un cœur tout neuf, de nouvelles ambitions, une nouvelle vie qui lui permet d’oublier son passé. Je ne suis pas comme lui. Et au final, je sais que si Jo attend quelqu’un qui puisse assumer publiquement une relation sentimentale, elle devra plutôt se tourner vers l’autre beau brun. Après tout, je ne suis pas irremplaçable.

Ça me rend malade de penser qu’elle puisse me préférer quelqu’un d’autre, mais je n’ai d’autre choix que de le supporter. Je sais ce qu’elle va me dire. Qu’elle m’aime depuis longtemps et que je suis le seul. Oui, mais si moi je ne suis pas prêt à vivre cette relation, est-ce suffisant pour elle ? Rester dans l’obscurité, tous les deux, sans jamais se montrer aux yeux du monde ? Je suis sûr que non. Elle ne comprend pas le côté nécessaire de la chose, surtout pour moi qui tente de mettre des petits grains de sable dans les rouages du Capitole. Eolyan l’avait compris, il y a près d’un an. Comment détruire quelqu’un ? En lui ôtant sa raison de vivre. S’ils veulent me réduire en miettes, ils la suppriment. C’est facile. Ça peut même se faire sans laisser de traces. L’inverse est également valable. Et même si je ne crains pas la mort, je ne veux pas qu’elle me pleure. Jamais. Il est donc primordial qu’elle comprenne mes conditions. Une relation privée. Je voudrais qu’elle me comprenne. Simplement parce que j’ai appris à me méfier de tout, ici. De tout le monde. Sauf d’elle.
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MessageSujet: Re: i just came to say hello. ∫ ft. Jo   Ven 17 Mai - 21:06


« I belong with you, you belong with me, you're my sweetheart »

Nous sommes à nouveau tendus. Le silence est insupportable. Nous nous regardons à peine et nous ne savons pas comment reprendre la conversation. Nous sommes pathétiques. Nous sommes vraiment des incapables. Et je déteste ça. Mais je ne veux pas faire des efforts inutilement. Tout simplement parce que je ne sais pas ce qui se passera entre nous. Je ne sais pas si ça vaut le coup je veux dire. Nous passons notre temps à nous réconcilier puis à nous détester. Epuisant. Mais je comprends que cette fois, Kaidan agissait pour mon bien. Il ne pense pas comme moi. Il réfléchit avant tout à notre sécurité. Alors que je préfèrerai agir pour notre cause. Lui et moi. Plus que tout autre chose. Plus que ce que les autres pourraient penser. Et voilà pourquoi je suis en colère. Parce que ça me tue que mon ancien mentor pense différemment. Il préfère nous faire passer en deuxième plan, comme toujours. Alors quand il me demande si je lui en veux, je ne réponds pas tout de suite. Il sait que oui. Il sait que je le déteste tout autant que je peux lui montrer mon amour. Je suis décidément très compliquée. Je tiens ce sale caractère de ma mère. Le jeune homme fronce les sourcils. Je sens que des explications s'imposent. Il va me démontrer par a + b que nous exposer est dangereux. Et surtout, que nous précipiter ne serait pas bon pour nous. Je le connais par coeur. « Si le Capitole sait qu'il y a quelque chose entre nous, il peut tout à fait en profiter ». Certes. Je ne peux pas dire que je n'en suis pas consciente. Le Capitole sait profiter des meilleures situations. Et celle-ci serait tout à fait parfaite. Je vois déjà les gros titres. « Ces gens-là n'hésitent pas à se faire de l'argent sur la vie de gamins, tu penses qu'ils auront des scrupules avec vous ? ». Non. Bien sûr que non. Mais je ne sais pas si le gouvernement serait prêt à changer ses plans machiavélique juste pour nous faire souffrir à nouveau. Nous renvoyer dans les Jeux ? Peut-être. Mais la décision aura été prise avant de connaître la vérité sur nous. Il ne peut pas en être autrement. Le Capitole doit déjà savoir ce qui se passera pour cette 25ème édition. La plus grande édition de toutes. « Ta mort ou la mienne, après nous être aimés, ça ferait un bon article dans la presse du matin ». Il détourne le regard et se tait. Il est énervé à son tour. Il pense sans doute que je ne suis qu'une enfant. Une pauvre gamine capricieuse. Peut-être après tout. Mais je pense que nous devons profiter du présent. Alors que Kaidan vit dans le futur. Je suis persuadée que nous avons peu de temps et que nous ferions mieux de nous aimer tant que nous le pouvons. Mais chacun son avis encore une fois. Je hausse les épaules et brise le silence. « Tu as raison. Mais je mourrais en sachant que nous nous sommes aimés ». Rien de plus à ajouter. Pour moi, voilà ce qui importe le plus. Avoir refait ma vie comme je le veux. Après avoir survécue aux Jeux, je pense avoir le droit au bonheur. Tout simplement. Kaidan doit être fou de rage. Et ça me fait mal au coeur.

Je sais que le jeune homme est aussi désolé que moi. Mais on ne peut pas changer qui on est. Il écoute son coeur, qui lui dit que ce n'est pas le bon moment. Il préfère rester discret. Je me demande si mon envie de ne pas me méfier est due à ma folie. A comprendre, que je ne suis pas en mesure de voir quoi que ce soit. Le mal ou le bien, je ne sais plus. Et du coup, je ne prends pas forcément les bonnes décisions. Mais je suis prête à me battre dans tous les cas. Alors peu importe. « Je suis désolé, je sais que je ne suis pas celui que tu aimerais avoir près de toi ». Je soupire. Il sait bien que je ne pense pas une telle chose. Il ne peut pas être convaincu que je suis déçue de son comportement. Je ne suis juste pas de son avis, ce qui me semble bien différent. Il continue. Il est persuadé que certains peuvent et veulent nous faire du mal. Mais il est davantage inquiet par le sort qui pourrait m'être réservé. Voilà qui prouve que Kaidan tient à moi. Et ça me touche. Il se justifie maintenant à ce sujet. Je ne dis rien mais je l'écoute. Il me paraît calme. Sa colère est plus ou moins passée. Il termine ses explications. « Je ne suis pas Neo. Je me préoccupe de ce qui peut nous arriver, même maintenant ». Je soupire. Tout est clair alors. Kaidan est jaloux de notre ami. Il est jaloux de lui sur tous les plans. Neo a su oublier les Jeux et construire une nouvelle vie. Et il y a peu, il a su me faire tenir. Et ça lui est insupportable. Il aurait voulu être à sa place sans aucun doute. Mais il a choisi ce chemin. Je le regarde droit dans les yeux. « Alors voilà. Tu jalouses celui qui a aidé ta protégée ». Il fronce les sourcils. Sa protégée oui. Voilà ce que je suis. « Au final, Neo est celui que nous envions et il y a de quoi. Il est le plus courageux de nous tous. Mais il y a deux choses que tu dois savoir ». Je marque une pause. Je sens que Kaidan est tendu. Parce que le jeune homme est certain que je pourrais me tourner vers notre ami et le laisser tomber. « Premièrement, je ne le considèrerai jamais plus que comme un ami. Ensuite, sois certain que même si Neo a su me redonner le sourire, il y a quelque chose qui me tuait. Il ne pouvait pas te remplacer ». Je pense que les choses sont claires à présent. Je suis heureuse que mon amitié avec Neo ait pu me sauver, en quelque sorte. Mais je ne pouvais pas oublier Kaidan. Jamais. Son souvenir me hantait. Encore et encore. Et voilà ce qui était le plus douloureux finalement. Savoir que je ne pourrais jamais passer à autre chose.

Je me fiche de me montrer aux autres. Disons que ça ne me gêne pas. Mais si mon ancien mentor préfère vivre caché et loin de tous, je suis prête à écouter. Ça sera suffisant. Je le sais. Mais je ne sais pas si le jeune homme voudra faire un pas de son côté. Accepter de faire des compromis. Mais je lui laisse la chance de pouvoir le faire. Au diable ce qui pourra se passer ensuite. Pensons à nous. Parce que cela est important.
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MessageSujet: Re: i just came to say hello. ∫ ft. Jo   Sam 18 Mai - 17:53


« if you love me, you'll forgive me »

J’ai toujours entendu les gens dire qu’une vie sans amour ne valait pas la peine d’être vécue. Je ne sais pas s’ils ont raison. Après tout, j’ai toujours vécu plus ou moins seul. Les histoires que j’ai pu avoir avec certaines femmes du Capitole ne signifient pas grand-chose. Elles ne veulent rien dire. Ce n’était pas de l’amour, dans tous les cas ; juste un besoin pathétique de combler mon vide affectif avec une présence. Je ne cherchais même pas quelqu’un d’intéressant, avec qui discuter. Non. Je voulais simplement quelqu’un qui pourrait me faire oublier ma solitude. Malheureusement, ça n’a jamais été possible. Je pense que ça s’explique en partie parce que je n’avais pas envie d’être avec quelqu’un. J’étais bien, seul. Pas de douleur, pas de jalousie. Aucun sentiment négatif. Mais en même temps, je savais que je passais à côté de quelque chose. J’avais connu l’amour avant, après tout. Mais je ne pensais pas qu’il me serait de nouveau possible de m’attacher à quelqu’un. Pas autant qu’avant. Jusqu’à ce que je rencontre Jo. Je lui en veux, en un sens. Elle m’a réveillé d’une longue torpeur, sans vraiment prendre la peine de m’épargner, de ne pas me blesser. Et c’est assez difficile comme ça. Bien sûr, je ne minimise pas sa peine. Ce serait stupide. Je sais qu’elle souffre, qu’elle a souffert, et qu’elle continuera de souffrir. Elle ne se remettra jamais de son traumatisme des Jeux. C’est pour ça que ça paraît logique d’essayer de construire quelque chose ensemble, autant que ça semble compliqué. « Tu as raison. Mais je mourrais en sachant que nous nous sommes aimés ». Je me tourne de nouveau vers elle. Je ne sais pas si je dois penser comme elle. Je ne sais pas comment je dois penser, en fait. S’il y a un bon choix ou un mauvais choix. Les deux paraissent sensés. Ne pas être ensemble et la protéger de tout ce que le Capitole pourrait nous reprocher ; une relation interdite entre mentor et tribut, un amour hyper médiatisé qui pourrait leur faire de l’ombre. Être ensemble et être heureux. S’aimer. Je ne sais vraiment pas si l’une de ces possibilités est meilleure que l’autre. Et c’est ce qui me tue. J’aimerais que tout soit plus simple. Malheureusement, la vie est ainsi faite ; ce n’est pas la première fois que je suis confronté à une décision difficile. Et ça ne sera sûrement pas la dernière.

J’ai peur. J’ai peur, et je ne suis pas sûr de moi. Je continue de penser qu’une histoire d’amour entre nous serait une erreur. Je suis plus âgé qu’elle ; trop âgé pour elle. Et j’ai trop souffert quand je pensais qu’elle ne reviendrait peut-être pas. Car c’est l’une des principales raisons. J’ai eu tellement, tellement peur de la perdre. Et je ne veux pas que ça recommence. Je ne veux pas comme ça soit de nouveau comme quand j’étais moi-même dans l’arène. Elle n’est pas en sécurité ; elle ne le sera jamais. Je vais devoir être auprès d’elle tout le temps, juste pour la protéger. Et justement, j’en veux à Neo, car il a su prendre cette responsabilité. Il a été là pour elle. Savoir ça me met hors de moi. « Alors voilà. Tu jalouses celui qui a aidé ta protégée ». Je ne dis rien. Je me contiens. Oui, je le jalouse. Terriblement. Mais ce n’est pas contre lui que je suis vraiment en colère ; enfin, pas vraiment. Celui que je déteste le plus, c’est moi. Je n’ai pas assumé. Je n’ai pas été courageux. Et elle aurait raison de m’en vouloir de toutes les fibres de son être. Mais je ne m’attends pas à entendre ce qu’elle est sur le point de me dire. « Au final, Neo est celui que nous envions et il y a de quoi. Il est le plus courageux de nous tous. Mais il y a deux choses que tu dois savoir ». Je la regarde, pour être sûr qu’elle ne me mentira pas. Je lis en elle comme dans un livre ouvert, la plupart du temps ; mais en ce qui concerne nos sentiments, nous sommes trop compliqués pour nous comprendre en un clin d’œil. « Premièrement, je ne le considèrerai jamais plus que comme un ami. Ensuite, sois certain que même si Neo a su me redonner le sourire, il y a quelque chose qui me tuait. Il ne pouvait pas te remplacer ». Je déglutis. Je ne m’y attendais pas. Neo est quelqu’un de bien. Un garçon que beaucoup de filles rêvent d’avoir à leurs côtés, depuis sa victoire aux Jeux. Je ne suis pas meilleur que lui. J’ai laissé les Jeux me changer, lui ne l’a pas fait. Et pourtant, Jo me veut toujours. Malgré tout ce qu’elle sait sur moi. Malgré la haine qu’elle a pu ressentir lorsque je l’ai abandonnée. « D’accord ». Je n’arrive pas à lui en dire davantage. Je suis maladroit avec mes mots. Elle le sait. Elle ne m’en voudra pas. Mon esprit essaye de se frayer un chemin à travers la brume dans laquelle l’alcool l’a plongé. Et puis, je me lance. Je glisse une main sur sa joue et attire son visage vers le mien. Lorsque nos lèvres se touchent, j’essaie de ne plus réfléchir. De ne plus penser que nous faisons quelque chose de fou. D’impensable. Jo et moi, j’aurais voulu que ça n’arrive jamais, simplement parce que je n’ai plus envie d’avoir mal. Mais c’est trop dur. Pour moi, et pour elle aussi. Ne pas y penser. Ne pas y penser. Je sais que je fais ce qu’il faut. Que c’est la seule possibilité. Mon autre main se pose dans son dos pour la rapprocher de moi. Ne pas se dire que notre relation n’est pas saine. Elle ne l’est pas, c’est vrai ; mais la vie est comme ça aussi. Notre vie. Complètement dézinguée. Pourquoi se priver de vivre une belle histoire d’amour, alors ? Je ne veux rien regretter. Je n’ai plus de temps pour les regrets, à vrai dire.
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